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Magazine consacre a toutes les formes de culture pop(ulaires) : BD, musique, cinema, etc... Une vision moderne du passe, une vision retro du present.

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Le B.A. BA de la B.O.

oddjob logo 2 Par Oddjob

 

Cet article aurait pu débuter différemment.

J’aurais pu vous concocter une bonne petite intro racontant comment, alors que j’avais une dizaine d’années, je découvris par un beau dimanche après-midi, sur feu Antenne 2, tout à la fois des acteurs auxquels je décidais illico de ressembler (Mc Queen, Coburn, Brynner and co), un standard du western (The Magnificient Seven), mais aussi, et peut-être surtout, une musique impressionnante. Pour la première fois, je frissonnais rien qu’à l’idée de réentendre à chaque scène la composition d’Elmer Bernstein (un nom que j’ignorais bien évidemment à l’époque).


  sept-mercenaires.jpg

 

Ou comment l’histoire de sept mercenaires prêtant main forte à des paysans mexicains rançonnés par d’autres Mexicains, bandits et armés jusqu’aux dents ceux-là, enluminée d’une partition fougueuse, peut transformer votre vie !

Car j’avoue qu’une petite contribution sur les bandes originales de films me trottait dans la tête depuis déjà longtemps. Et puis, le dernier coffret proposé par Stéphane Lerouge, dans son indispensable collection Ecoutez le Cinéma (oui je sais, je me répète !), et consacré aux scores des films de Louis de Funès, a été le déclic…D’autant plus qu’il a constitué la bande son parfaite de mon été ! Que voulez-vous, les partitions de grand Raymond Lefèvre (même pour un nanard comme Le Gendarme et les Extraterrestres) ou du trop souvent mésestimé Vladimir Cosma, m’ont toujours enthousiasmé.


  de-funes.jpg

 

Ensuite j’aurais pu, aussi, convoquer John Barry (comment choisir un titre parmi tous ses chefs d’œuvre ?), Bernard Hermann (North By Northwest, Psycho), Alex North (Spartacus), Maurice Jarre (Doctor Zhivago, The Professionals), Dimitri Tiomkin (Rio Bravo, The Guns Of Navarone), Michel Magne (Fantômas, Ne Nous Fâchons Pas), Michel Colombier (Le Pacha, L’Alpagueur), Philippe Sarde (Les Choses de la Vie, La Valise), François de Roubaix (Les Aventuriers, Dernier Domicile Connu), Riz Ortolani (Cannibal Holocaust)… Sans hiérarchie aucune !

 

Car, disons-le tout de suite, que ceux qui ne conçoivent la musique de films que comme un accessoire (au mieux) ou un bruit de fond (au pire), passent leur chemin. 

Ici, on consent à s’adresser exclusivement à ceux qui sont tombés amoureux d’Audrey Hepburn sur les notes de Mancini (un matin devant chez Tiffany’s ou un soir dans un club parisien) ; ceux qui, passés deux mètres de profondeur, entendent systématiquement du John Williams et imaginent les belles mâchoires de ce grand blanc de Bruce ; ceux qui ont la gorge nouée aux premières mesures de Delerue sur le thème de Camille (et à la vue des fesses de B.B….) ; ceux qui, même au volant de leur break familial, glissent du Lalo Schifrin dans l’autoradio et croient être poursuivis par une Dodge Charger RT dans les rues de leur médiocre ville de province…

Pour autant, certains (grands) cinéastes ont su se passer allégrement de (grands) compositeurs de B.O. Associer du Wagner à une charge d’hélicoptères au dessus des rizières, en pleine guerre du Vietnam, relevait du génie chez Coppola. De même pour Kubrick qui convoque Purcell, Bach et Schubert sur Barry Lyndon. Mais la démarche d’un Tarantino n’est pas si éloignée de celle de ses illustres "collègues". À mille lieux des "compil" alibi servant hélas aujourd’hui de bande-son aux films "Kleenex" qui abreuvent nos écrans (exception faite sur Trainspotting à la play-list exigente !), le fin connaisseur es soundtracks nous réserve, à chacune de ses bobines, des trouvailles qui flattent nos oreilles (le plan d’ouverture de Jackie Brown au son de Bobby Womack est un sommet de l’alchimie parfaite entre image et son !) https://www.youtube.com/watch?v=KKQWn-UBDTo. Quand d’autres enfin, ont préféré réaliser et composer tout à la fois : un John Carpenter en étant le plus parfait exemple…


 new-york-copie-1.jpg

 

Seulement voilà, une triste nouvelle vint gâcher la fête. En effet, cette rentrée fut cruelle pour le panthéon de la musique de film. Le 11 septembre dernier s’éteignait le méconnu et discret Antoine Duhamel (dans un autre registre, et encore pas si éloigné, la veille, avait vu disparaître l’ "immense" Richard Jaws Kiel…).

Car pour les amateurs de la Nouvelle Vague, c’était à lui que l’on devait les bandes pour Pierrot Le Fou (il y fera chanter Belmondo et Karina) ou Week-end de Godard. Pour Truffaut, il signa quatre compositions dont les suites des aventures d’un autre Antoine, le lunaire Doinel : Baisers Volés et Domicile Conjugal. Pour le tintinophile averti, Tintin et les Oranges Bleues, c’était encore lui.


 baisers-voles.jpg

 

Mais surtout, il comblera les amateurs de frissons et d’atmosphère lugubre sur Belphégor ! (Sa partition est si exceptionnelle que The Wu Tang Clan la pillera allégrement sur le jubilatoire Gravel Pit…). Et puis comment oublier que le premier film réalisé par Maurice Ronet, Le Voleur du Tibidabo (ou la drôle d’escapade barcelonaise d’un marchand de glaces, avec Ronet lui-même et à nouveau la troublante Anna Karina !) fut mis en musique par Duhamel https://www.youtube.com/watch?v=smf_Vu4tWEA

Et finalement tout cela pour en arriver où me direz-vous ?

Mais nulle part, très cher lecteur. Pour le seul plaisir de la divagation sans but. Ce n’est déjà pas si mal.

Mais, allez pour terminer et contenter quelque peu les curieux, voici cinq thèmes précieux, comme autant de facettes d’un genre pour amateurs exigeants :

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