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Par Wally Gator
« Or, donc, nous en étions restés au moment où vous faisiez face à la mort sous la forme de quatre kobolds armés d’épée courtes sur lesquelles même le virus du tétanos n’oserait pas s’aventurer. Les quatre immondes et visqueuses créatures ont l’air très mécontentes et examinent de façon insistante, tout en ricanant, votre chariot chargé…. Je vous rappelle que ce chariot contient des vivres qui vous ont été confiées dans le but de ravitailler un village pris en siège par les immondes susnommées... Que faites-vous ?
(Tâchez de lire les sept réponses qui suivent en même temps ; je sais que c’est assez ardu mais c’est simplement pour mieux se rendre compte de la situation)
- Je me cache dans l’ombre et enduit ma dague de venin d’araignée…
- Je dégaine mon épée longue et ma main-gauche !
- Je prépare une série de « magic missiles »
- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’il a dit ?
- Je jette « bénédiction » sur le guerrier !
- Je sors ma hache à deux lames et je me jette sur eux !
- Attends !!!!!.....
-STOOOOPPPPP !!!! Tour de table....»
Ceux qui n’ont eu aucun mal à reconnaître la situation décrite dans ces quelques lignes ont dû passer quelques nuits blanches avec quelques amis autour d’une table sur laquelle se trouvait feuilles de papier remplis de tableaux et de grilles, crayons, gommes, figurines en plomb, cafetière(s), cendriers pleins, quelques bouquins, un écran et... des dés !!!! Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, je pense qu’ils sont (pour l’instant, car il n’est jamais trop tard) passés à coté d’aventures épiques... Il s’agit bien évidemment d’une partie de Donjons et Dragons, le célèbre jeu de rôles.
Donjons et Dragons, né dans l’esprit de Gary Gygax dans les années soixante-dix pour une première édition en 1974, est plus qu’un simple jeu. Sans rentrer dans la polémique de la schizophrénie qu’il aurait pu déclencher chez certains, pour peu que vous soyez accompagnés d’une bonne bande de copains ce jeu vous permet d’incarner des héros évoluant dans un univers médiéval fantastique et de vous y sentir aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. Votre personnage prend vie à l’aide de quelques jets de dés et au fur et à mesure des aventures son caractère s’affirme, ainsi que celui des personnages vos partenaires. Les règles sont simples : tout est possible, vous pouvez faire absolument tout ce que vous voulez... Enfin, le terme exact est plutôt vous pouvez « essayer » de faire... Car la réussite n’est pas toujours au rendez-vous ! Des jets de dés associés à quelques bonus/malus sont là pour vous ramener à la « réalité » de la dure vie d’aventurier ! En effet, il est loin d’être aisé, pour un guerrier débutant de loger la lame de sa hache entre les deux yeux d’un dragon rouge de 32 mètres de haut ivre de sang et farci de magie dans le but de le terrasser en deux temps et trois mouvements...
Ahhh...La la... Combien de parties se sont jouées sur un seul coup de d20 ????
« La situation est simple. Tes camarades sont tous hors de combat. Le vampire est face à toi prêt à bondir en direction de ta gorge. Il ne te reste que 4 points de vie, inutile de préciser que tu es vraiment flappi. Sa classe d’armure est de 3. Tu es prêtre, ton TACO est de 18. Donc, sur un jet de 15 ou plus, tu réussis ton attaque avec ton marteau spécialement enchanté pour l’occasion et le vampire sera détruit. Dans le cas contraire.... » En clair, vous avez 6 chances sur 20 de réussir votre coup. L’angoisse est palpable autour de la table : les personnes qui sont autour de vous sont pour l’instant vos amis mais vous avez le destin de leur personnage chéri entre les mains : le nain hargneux, le demi-elfe à moitié bageot et l’exécrable magicien en pantalon de cuir, vous les avez tous à votre botte. Si par malheur, cela foire... Que va-t-il se passer ? Ils sont angoissés mais vous aussi. Il faut dire que jusqu’ici, vous n’avez réussi qu’ à écraser des mouches ou retirer les toiles d’araignée de la crypte ( comprendre : vous n’avez jamais réussi à faire au moins 15 avec votre d20). Pourtant, vous ne faites pas parti de ces joueurs poisseux abonnés au « fumble » (résultat de 1 signifiant un échec critique). Et c’est pour cela que votre prêtre a été choisi pour recevoir l’enchantement sur son arme. Vous ne faites pas parti non plus des collectionneurs (plus ou moins honnêtes)de « full », le 20 naturel. Alors, oui, vos mains sont moites et votre souffle court... Vous lancez le dé... Il roule... Titube sur le « 3 » mais s’immobile sur le « 16 ».
Vous hurlez ! Le vampire explose !!! Les compagnons sont sauvés, le trésor pillé, le café renversé !!! Quelle bonne soirée ! On en parlera encore dans 20 ans... autour d’une table de jeu ou autour d’un café en terrasse car les amitiés forgées en de telles situations durent et sont bien réelles : les dés ne diront jamais le contraire !
