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Par Hong Kong Fou-Fou
A l'heure où les grands noms du R'n'B mordent la poussière (derniers en date, James Brown et Luther Ingram), où le genre même du R'n'B est galvaudé par des chanteuses dont le seul talent est de savoir secouer lascivement un popotin aux formes attrayantes, l'arrivée d'une artiste comme Amy Winehouse est une sacrée bouffée d'oxygène. En fait, elle a débarqué sur la scène musicale londonienne il y a plus de trois ans, mais n'a rencontré le succès que très récemment. Le titre de son nouvel album, « Back to black » annonce clairement (sans mauvais jeu de mots...) la couleur : Amy Winehouse est la digne représentante d'un R'n'B à l'ancienne. Sa voix est incroyable de puissance et de chaleur. Elle ne cache pas son admiration pour les all-girl groups des Sixties comme les Shangri-La's ou les Crystals. Influences rétros, donc, mais les deux pieds ancrés dans le présent, puisque la demoiselle a de nombreuses connections avec la scène hip-hop.
La musique est intéressante, mais le personnage l'est tout autant : volumineuse crinière brune sur la tête, les bras couverts de tatouages que ne renieraient pas des dockers sur un quai brumeux, robes années 50 et chaussures à hauts talons léopard, la jeune Anglaise ne passe pas inaperçue. On est loin des artistes-bimbos fabriquées à la sauce MTV. Elle picole, elle jure comme une poissonnière, le sexe est un thème récurrent de ses chansons, elle oublie ses textes en plein direct à la télévision, elle insulte le public. Elle a érigé la grossièreté au rang d'art ! Mais qu'importe ses frasques : elle vient de remporter un Brit Award, dans la catégorie « artiste solo féminin »,
Autre qualité de cette lady de la soul : elle adore les Specials, reprenant même certains de leurs morceaux en concert. Une seule chose me turlupine : d'après ses interviews, il semblerait qu'elle aime les Specials parce que, comme elle, ils sont issus du quartier de Camden Town, au nord de Londres. Heu, excuse-moi Amy, mais tu ne confonds pas avec Madness ? Les Specials, c'est Coventry...
Discographie : son premier album, « Franck », n'est pas sorti en France, les gros bonnets d'Universal, les tympans engorgés par les bouses qu'ils produisent habituellement, n'en voyant pas l'intérêt. Le second, « Back to black », est disponible dans toutes le bonnes crémeries.
