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Aujourd’hui, il fait grand beau. Vous avez la chance d’habiter une région où le soleil brille 400 jours par an (mais où le vent souffle encore plus souvent). Vous trépignez, l’occasion est trop belle : n’écoutant que votre égoïsme, c’est décidé, vous plantez là femme(s) et enfant(s) et vous vous dirigez d’un pas assuré vers votre garage pour enfourcher votre Vespa 180 Super Sport pour vous payer une bonne dose de kilomètres en bord de mer. Vous attrapez votre téléphone portable et proposez à quelques amis scooteristes de se joindre à vous. Mais la réponse est unanime : "Il fait beau, je suis avec Madame et les enfants, on s’aère". Là, normalement, vous devriez vous dire : "C’est pas grave, j’irai rouler un autre jour. Retournons dans la
maison et annonçons que l’on part tous ensemble se promener". Mais il n’en est rien, vous avez décidé ! Et décidé, c’est décidé ! Un scooteriste ne fait pas demi-tour ! Vous irez seul ! Vous vous approchez de votre monture. Quelle machine superbe ! Ce scooter est rouge brillant. Un peu de poussière s’est déposée dessus depuis la dernière balade. Vous ne vous en servez pas tous les jours : un scooter de cette classe ! Votre daily est un PX avec un moteur T5 équipé d’un pot qui "envoie". Peut-être l’avez vous même kitté ! C’est mal, vous le savez mais bon... Pour s’arracher d’une masse de conducteurs à moitié endormis arrêtés au feu le matin, faut que ça pousse ! Le 180 SS, lui est tutti originale. Vous l’avez découvert par hasard au détour d’une page web et vous avez craqué ! C’est LE scooter ! Le top du top ! Vous ne pouviez pas le laisser filer. Du coup, vous avez même passé votre permis gros cubes pour pouvoir le conduire en toute légalité. D’ailleurs, quel drôle de souvenir, ce passage de permis ! Entouré de futurs motards qui ne rêvent que de la dernière Yamhonda ZZX-R 1100, vous parlez de votre futur "gros" scooter. Personne ne vous comprend : vous êtes un extra-terrestre pour ces "graisseux" en cuir... Enfin, bref, on s’égare : le 180 SS est devant vous et semble prêt à prendre la route. Pour le plaisir de yeux, vous lui passez un coup de chiffon lustrant : cela ne fera pas de mal à ses chromes ! La fine pellicule de poussière s’efface et le 180 SS reprend son aspect irréel. L’émotion est la même, à chaque fois que vous le re-découvrez, depuis ce jour où vous êtes allé le chercher en camionnette en Italie dans un coin reculé de la campagne turinoise. D’ailleurs, là aussi, l’expédition était une belle aventure ! Accompagné d’un ami fidèle qui baragouine un peu l’italien, vous avez pris la route en direction de ce graal scooteriste après vous être entendu par email avec le jeune neveu du vendeur, ce dernier étant visiblement trop âgé pour concevoir l’existence même d’internet. Toujours est-il que le 180 SS est là et bien là, dans VOTRE garage ! Vous actionnez le robinet d’essence, tirez trois fois sur le starter, appuyez mollement sur le kick deux fois. Ca y est, on y est, le rite du démarrage est terminé. Normalement, au prochain coup de kick, vigoureux celui-ci, vous allez entendre pétarader le moteur de 181,145 cm3. On parle bien de rite, celui-ci est propre à chaque scooter que vous avez eu. Votre daily par exemple ne souffre pas de dormir le robinet d’essence ouvert mais ne nécessite pas que l’on tire le starter plus d’une fois sous peine d’être noyé. Le Sprint Veloce restait indifférent à la position du robinet d’essence, mais ne démarrait correctement que si et seulement si vous aviez kické quatre fois avant avec le starter tiré à fond... C’est tout le charme du Vespa : découvrir comment fonctionne la machine que l’on vient d’acquérir. "Un coup de kick vigoureux, maintenant", vous dites-vous intérieurement. La tension est toujours un peu palpable quand on en est là : si ça ne démarre pas tout de suite, on imagine toujours le pire - un joint spi, un segment, un décalage de l’allumage... Mais en général, si la loi de Murphy ne vient pas faire un tour chez vous, c’est juste que la bougie est un peu cradoc... Han !!! Votre pied actionne le kick, votre main essore l’accélérateur et BRAAAMMM ! BADAM ! BADAM ! BADAM ! Dans un nuage de fumée bleue d’huile minérale (la synthèse, vous la réservez à votre daily), le 180 SS fait entendre sa douce mélodie. Pour brûler les éventuels surplus d’huile et carburant qui auraient coulés dans le cylindre, vous le laissez tourner un peu en donnant un peu d’accélérateur de temps et temps. BAM, BAM, BAM, BAM, BAM, BAM.... Ca y est, il tourne bien rond... Vous êtes prêt à partir pour un belle balade... N’oubliez pas votre appareil photo !
Chers lecteurs de Fury Magazine, vous avez compris bien évidement qu’il s’agit là d’une fiction ! La loi de Murphy vient toujours faire un tour chez les possesseurs de scooters... Il ne démarrera pas... Le reste du dimanche ensoleillé sera alors très différent suivant les scooteristes : en famille pour les moins bricoleurs qui auront pris la ferme résolution de s’occuper du problème plus tard (comprendre, jamais !), dans le garage et les mains dans le cambouis pour ceux qui auront décidé de le faire démarrer coûte que coûte ce satané scooter.