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Créé en mars 2007

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Fury Magazine, toujours à la pointe de l'actualité d'il y a cinquante ans en arrière.

Nos garanties :

- Tous nos articles sont écrits sur des ordinateurs à fiches perforées gros comme une camionnette.

- Nos rédacteurs ne communiquent entre eux que par téléphone filaire.

- L'un d'eux est né avant 1960.


"Nous sommes l'avant-garde du passé."

Modern life is rubbish...

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... quoique...
Par Oddjob
  

"Dans des aventures sensationnelles, inédites… Spirou présente… Un type extraordinaire les amis ! Jean VALHARDI ! Un gaillard plein d’allant et de courage que vous aimerez. Comme vous aimez les héros de Spirou…"

Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire ! Précipitez-vous chez votre libraire favori et plongez-vous dans les aventures de VALHARDI, le célèbre détective dont la poignée de main, franche et ferme, était le signe de reconnaissance des membres du Club des Amis de Spirou. Eh oui, les belles éditions DUPUIS, nous proposent, enfin, une magnifique intégrale digne de ce nom, avec un premier tome regroupant les années 1941 à 1946, avec Doisy au scénario et surtout Jijé au dessin. Alors mieux qu’une distribution de cartes de rationnement gratuites… lisez les enquêtes de VALHARDI !

Vous En Voulez Encore ?

Trop chauve pour être une rock star, trop asthmatique pour être footballeur, pas assez alcoolique pour être écrivain, trop Français pour être Anglais, pas assez suicidaire pour être artiste, trop intelligent pour la télé-réalité. Il ne me restait pas grand' chose, et ce pas grand' chose, c'est devenu Fury Magazine. Hong Kong Fou-Fou


Rédaction :
wally gator logo Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie.
Eleve-Moinet-2.jpg  Elève Moinet : permis B, Première étoile, BEPC (mention Assez bien)
oddjob logo 2 Oddjob : KPM, RKO et Kop Boulogne.
barbidule-logo.jpg Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage.
Getcarter logo Getcarter : mod, mod, mod.
hkff logo Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.

N'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles.)
Vous pouvez également devenir fan de Fury Magazine sur Facebook (ici : Fury Magazine sur Facebook).
23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 11:31

hkff logo Par Hong Kong Fou-Fou

 

Depuis une dizaine de jours, comme le savent tous ceux d'entre vous qui ne sont pas retenus captifs par des intégristes islamistes au fin fond du Sahara, c'est la Coupe du Monde. Fury Magazine ne pouvait pas passer à côté de cet événement planétaire. Nous avons donc dépêché notre Pierre Ménès à nous, en la personne de l'élève Moinet, pour couvrir la compétition. Nous vous livrons son journal, dans lequel il nous fait partager ses réflexions, analyses et anecdotes. Ses peines, aussi, parce que le Brésil, c'est très loin de ses copains Wally et Oddjob.


"Mardi 17 juin

Cher patron,

Je suis en vue des côtes du Brésil. Comme les billets d'avion étaient trop chers et que vous m'avez fait voyager dans un cargo malais livrant des pièces détachées de moissonneuses-batteuses de Vladivostok à Rio de Janeiro, j'ai pratiquement loupé la première semaine de compétition. La traversée s'est bien passée, à part les trois premiers jours où je suis resté à agoniser, penché au bastingage. Il y a eu aussi l'épisode de la caisse mal arrimée qui m'est tombée dessus mais vous connaissez mon optimisme, ce n'est pas un pied cassé qui va me gâcher mon Mondial. L'équipage est très sympa. Je leur reproche juste de m'avoir l'autre soir tatoué une ancre de marine sur le front, mais ce n'était pas par méchanceté, simplement la manifestation de l'humour potache de gaillards burinés qui s'ennuient à bord.

En tout cas, je ne suis pas resté inactif pendant les douze jours de mer, j'ai bien préparé ma compétition : quand le capitaine (pas celui d'une équipe de foot, hein, celui du bateau) ne me demandait pas de briquer le pont, je potassais la composition des équipes à l'aide de l'album Panini "Fifa 14" que vous avez eu la gentillesse de m'offrir. Bon, vous auriez pu m'acheter un peu plus de paquets de vignettes, il me manque la plupart des joueurs. J'ai quelques doubles aussi, mais faire des échanges en plein océan, ce n'est pas facile. Heureusement, j'ai l'équipe d'Espagne au complet, je suis sûr qu'ils vont aller loin dans la compétition. J'ai eu cinq fois Casillas, je vous en donnerai un au retour si vous voulez.

Je vous laisse, nous allons accoster et les copains ne veulent rien savoir : malgré mon pied, je dois les aider à décharger la cargaison.

A bientôt,

Votre dévoué Moinet"

 

"Jeudi 19 juin

Cher patron,

Tout va bien. Je vous reproche juste de ne pas m'avoir, toujours par souci d'économie, payé une accréditation "Presse". Vous disiez que dans la confusion j'arriverais à rentrer partout. Eh bien les policiers locaux ne rigolent pas avec ça, je me suis fait copieusement matraquer à l'entrée de la Maracana, et comme avec mon pied cassé, je ne pouvais pas courir, ils en ont bien profité, les vaches. Du coup, j'ai loupé Chili-Espagne. En parlant de chili, la bouffe est hyper épicée ici, vous ne sauriez pas comment on appelle le générique de l'Imodium en portugais ? Sinon, j'ai jeté toutes les vignettes de Casillas.

Tant que j'y suis dans les doléances, me faire loger dans une favela, c'est sympa, ça fait couleur locale, mais c'est quand même loin, ça monte tout le temps et avec mon pied, ce n'est pas le pied justement. Et c'est pénible d'être réveillé à 4h du matin par des rafales d'armes automatiques.

Le côté positif, c'est que je suis au contact du peuple. Mais il est un peu remuant, le peuple. Deux gamins de dix-onze ans m'ont braqué avec un flingue gros comme une bombarde Renaissance. J'ai dû leur céder le bel appareil-photo que vous m'aviez offert (grâce à l'argent économisé sur le billet d'avion et la chambre d'hôtel. Si j'avais su...) Du coup, pour illustrer mon article, il a fallu que j'achète des photos prises par des confrères.

Votre dévoué Moinet"

 

"Dimanche 22 juin

Cher patron,

Tout va mal.

D'abord, je n'ai toujours pas vu un seul match de foot. J'ai passé mon vendredi à l'hôpital. Admis en urgence, complètement déshydraté. La veille, j'avais été dans une pharmacie. Contrairement à ce que prétendait un journaliste russe ivre mort, Hourracaca ne désigne pas l'équivalent de l'Imodium, ça serait plutôt le contraire. Je me suis vidé plus vite qu'une tribune après une défaite. Samedi matin en sortant de l'hosto, j'ai croisé une bande de supporters argentins. Je pense qu'ils ont dû être abusés par la qualité de mon anglais car ils m'ont pris pour un sujet de sa grâcieuse Majesté. Comble de confusion, avec mon ancre de marine tatouée sur le front, ils ont cru que j'appartenais à la Royal Navy et ont entrepris de donner une suite à la guerre des Malouines. Je me laissais poliment rouer de coups quand quelques joyeux lurons du Batalhão de Operações Policiais Especiais (le BOPE pour les intimes, dont j'estime maintenant mériter de faire partie) ont débarqué. Et vas-y que je t'embarque tout le monde. Je vous écris donc depuis une cellule nauséabonde, je suis les matches sur la radio des gardiens mais comme mon portugais est moins fluent que mon anglais, je suis un peu largué. Heureusement, un des gardiens, un grand Noir du nom d'Eusébio (oui, comme le footballeur, c'est un signe, non ?) m'a pris en affection. Il me dit toujours que c'est dommage qu'un joli garçon comme moi croupisse dans un endroit aussi sale que cette geôle. C'est grâce à lui que vous recevez ce message. Le dernier avant mon retour.

Parce que vraisemblablement, la Coupe du Monde 2014, je vais la finir au ballon.

Votre dévoué Moinet."

 

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Un brave confrère puerto-ricain m'a vendu 100 dollars ce cliché de l'équipe du Cameroun à l'entraînement. J'espère, patron, que vous ne retirerez pas cette somme sur mon salaire. L'arrière-plan est intéressant : comme tout le monde le redoutait, le Brésil n'était pas prêt. A la télévision on a l'impression que les stades sont terminés mais c'est juste un décor en papier crépon, il n'en est rien.

 

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Réception au Club des Losers (bizarrement le seul endroit où le nom de "Fury Magazine" m'a ouvert des portes). Le capitaine de l'équipe d'Angleterre félicite celui de l'équipe du Portugal pour sa défaite face à l'Allemagne, mais ne peut s'empêcher de fanfaronner en disant que lui est déjà sûr d'être éliminé.


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Contrairement à ce que l'on peut croire, il ne fait pas si chaud que ça au Brésil. Quelques Cariocas à casquette.

 

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Un brave policier interpelle à lui seul et verbalise une bande de hooligans anglais. Bon, j'ai quelques doutes sur celle-là mais le type qui m'a vendu la photo m'a affirmé avoir assisté à la scène.

 

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Sitôt libérés, les mêmes hooligans agressent verbalement deux transsexuels brésiliens.

 

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Le joueur allemand Hochstetter reconnaît dans le public sa cousine Gretel, qu'il n'avait vue que sur des photos, une branche de la famille ayant quitté l'Allemagne pour le Brésil suite à une "mutation professionnelle" du grand-père en 1945. Un moment d'émotion incroyable, Munich en son genre, comme seule une compétition comme la Coupe du Monde peut offrir.


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Comme nous le savons tous, les pauvres, ça se plaint tout le temps, et les journalistes, ça exagère tout le temps. Certes, quelques familles ont été expatriées. Mais c'était pour être mieux relogées dans de luxueux immeubles avec héliport privé. Il ne leur reste maintenant plus qu'à travailler 10000 ans pour se payer un hélicoptère.

 

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En 2010 en Afrique du Sud, Patrice Evra entretenait la flamme de la révolte en jouant à ses copains de l'équipe de France des chansons de Léo Ferré ou de Joan Baez. Cette fois, tout va beaucoup mieux, l'ambiance n'est plus à la lutte sociale, il les distrait en reprenant pour eux les grands succès de Booba (pas le petit ourson, non, le gros con).

 

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Preuve que pour les Bleus, tout a radicalement changé : on n'appréhende plus les trajets en bus. Ici, l'équipe au grand complet part chez le coiffeur se faire faire des coupes ridicules.

 

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Vexé par le scandale du Canal+ Football Club qui s'était moqué l'an passé de sa tenue vestimentaire, Mathieu Valbuena est maintenant beaucoup plus attentif à son apparence.

 

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De nombreux entraîneurs exigent de leurs joueurs de s'abstenir d'avoir des rapports sexuels pendant la durée de la compétition. Du coup, certains envoient la balle sur la transversale.

 

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Gérard Hernandez, en vrai rebelle, défie la loi. Attends qu'il rencontre le BOPE, tiens, il fera moins le malin.

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Published by Hong Kong Fou-Fou - dans Sports
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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 06:46

Eleve Moinet 2 Par l'élève Moinet

 

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Hummm, ça a l’air d’être intéressant ! Combien de fois vous êtes-vous fait cette remarque en passant devant le rayon Sparks de votre magasin ? Oui mais choisir un disque des Sparks, c’est bien. Choisir un bon disque des Sparks, c’est mieux. Alors, comment s’y prendre ? Il y en a tant. Tu as toutes les chances de te tromper. C’est pas comme  Wu Lyf.  Il n’y en a qu’un et il est mauvais. D’un prix sensiblement égal, notre seul critère de choix sera celui de leur qualité intrinsèque et ce, afin de vous donner une information objective qui vous permette de choisir utilement. Penchons-nous sur leurs 23 albums et leurs 2 DVD si vous le voulez bien.

 

La discographie des Sparks peut se diviser en 2 grandes catégories distinctes. Les CD et les DVD. Nous les intitulerons grand A et grand B. Nous subdiviserons la première catégorie en 6 sous-catégories que nous numéroterons de 1 à  6. Elles vous sont présentées par ordre chronologique, de la plus ancienne à la plus récente.

 

A : Les CD

 

A-1 - Période pré-américaine

Deux albums que nous appellerons a et b :

a : Halfnelson

b : A woofer in tweeter’s clothing

Un hit qui tombe pile… (Wonder girl) et des chansons qui s’améliorent sur la fin. Bon premier album qui tient la distance mais pas la comparaison avec la concurrence (Electric Warrior, Hunky Dory, Roxy Music…) (a). Magnifique pochette surannée, magnifiques chansons surannées (Moon over Kentucky…), magnifique album sous-estimé (b).

 

A-2 - Les années Island

Trois albums que nous appellerons a, b et c :

a : Kimono my House

b : Propaganda

c : Indiscreet

Indispensable (a). Presqu'indispensable (b). Assez indispensable (c).

 

 A-3 - Back in the USA

Deux albums que nous appellerons a et b :

a : Big beat

b : Introducing Sparks

Assez dispensable, du Big beat avant l’heure. Tentative ratée de FatboySparks (a). Dispensable, il était temps pour les présentations. Pour un nouveau public sans doute… (b).

 

A-4 - Les années post-disco

Deux albums que nous appellerons a et b :

a : N° 1 in Heaven

b : Terminal jive

Le genre de disque qui vous fait penser que votre fiancée vous trahira un jour et vous larguera par SMS à 4 heures du mat’ du VIP Room.

 

A-5 - Les 80s ou la traversée du désert

6 albums que nous appellerons a, b, c, d, e et f :

a : Whomp that sucker

b : Angst in my pants

c : In outer space

d : Pulling rabbit out of a hat

e : Music that you can dance to

f : Interior design

Qui peut se vanter d’avoir tenu le coup à ce moment-là ? Hein ?

 

A-5 bis - Les 90s ou la (suite de la) traversée du désert

3 albums que nous appellerons a, b et c :

a : Gratuitous sax & senseless violins

b : Plagiarism

c : Balls

Que grâce soit rendue à When Do I Get To Sing 'My Way' (a bis), mais qui peut se vanter d’avoir tenu le coup à ce moment-là ? Hein ? Il n’aurait plus manqué qu’ils fassent une chanson avec Faith no More, pendant qu’on y est…

 

A-6 - La résurrection

3 albums que nous appellerons a, b, c :

a : Lil’ Beethoven

b : Hello young lovers

c : Exotic creatures of the deep

Le plus beau come back depuis  La nuit des morts vivants de George Romero. Le genre de chose improbable qui vous fait croire que votre ex qui vous a largué il y a 20 ans (pas par SMS, ça n’existait pas) va frapper à votre porte, là, dans deux minutes, et vous dire : "Je suis désolée, tout est de ma faute. Regarde, je n’ai pas changé. Chut…Ferme les yeux…Ne dis rien…"

 

A-6 bis – La résurrection (suite)

a : The seduction of Ingmar Bergman

Pour Greta Garbo sings et pour Mister Bergman how are you ?  Cher pour deux chansons (36,10 €). Mais quand…

 

A-6 bis’ – Hors catégorie

Two hands one mouth

Live light.

 

B : Les DVD

 

B-x : Beat the clock

Ne vous fiez pas à la fallacieuse jaquette. Dinky, Martin et Adrian ne sont plus là depuis longtemps.

 

B-y : Dee vee dee

Impeccable pour dérider un repas de famille dominical. "Et si on regardait un bon Sparks ?". Imparable.

 

L’heure du choix. Attention à ne pas te tromper.

A-1-b / A-2-a / A-2-b / A-2-c / A-6-a / A-6-b / B-y

Si tu as pensé à prendre un grand sac à commissions.

A-1-a / A-4-a / A-6A-c / A-6 bis-a

 

Te voilà avec une bien belle discothèque dis donc ! Tu vas enfin pouvoir passer un bon moment. Dernier conseil, à part Fury Magazine et  http://sparks.forumactif.com/ ne laisse personne d’autre choisir à ta place. Surtout pas tes parents. Ils sont vieux et n’y connaissent rien.

 

sparks-3.jpgRon Mael en train de lire tout ça.

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Published by Elève Moinet - dans Musique
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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 06:36

oddjob logo 2 Par Oddjob

 

Souvenez-vous de la règle d’or assénée par Sir Alfred : "Plus réussi est le méchant, plus réussi est le film !"

Et Hitchcock de nous offrir un des plus beaux méchants du 7ème art en la personne de Philip Vandamn (James Mason) dans North By Northwest : froid, élégant, intelligent…


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Mais si on ne les compte plus au cinéma ou en littérature, si les scénaristes et les romanciers leur ont donné des lettres de noblesse, la bande dessinée, quant à elle, ne nous a offert jusqu’à présent que peu de grands et véritables méchants.

A commencer par les deux géants de la BD "franco-belge" !

En effet, ni Franquin ni Hergé ne s’illustreront par des représentations flamboyantes du "Mal".

Un Zantafio, un Zorglub ou un Héléna offriront davantage des visages de tyrans pathétiques, de savants doux dingues, de crapules sans génie… Et que dire d’un De Mesmaeker, figure exemplaire du grand patron ventru et finalement très petit bourgeois !

Pareil chez Hergé. Muller ? Faux monnayeur et faux docteur, juste un aventurier sans gloire. Les frères Loiseau ? Des marchands/voleurs d’art sans éclat. Spalding ? Son côté British bon teint ne l’empêche pas de n’être qu’un secrétaire particulier veule et mesquin. Ne disons rien de Rastapopoulos, ignoble de ridicule et de mauvais goût.

Seuls Jurgen et Wolff remontent le niveau de la "méchanceté" hergéenne : le premier par son fort caractère de lansquenet prussien, le second lavant sa félonie dans le suicide expiatoire ! Bref, deux beaux exemples d’élégance et de distinction machiavélique.

 

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Et puis qui d’autre ? La belle et néanmoins redoutable Lady X, le Général "Tête Jaune" Allister, l’ambigu Arbacès (ennemi juré du non moins ambigu Alix !), le capitaine Georges Town (qui affrontera Théodore Poussin au large de la Malaisie)… Certes, de beaux spécimens de salopards !

Mais il faut bien reconnaître qu’un trio de tête diabolique se détache allégrement.

En numéro 3, sans doute le vrai "héros" des aventures de Blake et Mortimer, le Colonel Olrik ! Il apparait dès la première planche du premier tome du Secret de l’Espadon : vêtu de son uniforme d’inspiration russo-nipponne, coiffé de la chapka aux armes de l’Empire Jaune, la fine moustache "errolflynnienne", le profil aquilin… D’un seul coup, tout ce que l’on imagine être les attributs d’un mauvais parfait sont là ! L’élégance, le raffinement et le charme en plus…


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Car voilà ce qui transcende le "contre" héros, il doit être au dessus du simple mortel… La méchanceté est un art qui n’est pas à la portée de la première petite frappe venue. Une crapule, une vraie, est un aristocrate du mal, d’où cette classe nécessairement inhérente à tout mauvais de génie.

Il est cependant regrettable pour l’image d’Olrik, que Jacobs lui-même en ait fait un vulgaire chef de bande dans L’Affaire du Collier… Quelle chute de standing : de chef du 13ème Bureau de Basam-Damdu à gangster du milieu parigot !

Il n’empêche… Pour celui qui porte aussi bien le cynisme et la cruauté que le monocle et le fume-cigare, il reste avant tout une belle figure de l’aventurier à la sauce mercenaire, ne lui manquant qu’une touche de dandysme désinvolte.

Cette touche, justement, qu’apporte indéniablement le personnage d’Axel Borg, le dauphin de notre palmarès machiavélique.

Sa première apparition est à son image : dernière case de la planche 21 de La Grande Menace, on ne voit qu’une jambe habillée d’élégants jodhpurs… Et la planche suivante de dévoiler le fier cavalier, la barbe finement taillée, emprunt d’une morgue toute aristocratique, propriétaire de la "Tour Noire".

La "menace" ayant été anéantie par Lefranc (un peu aidé en cela par toute l’armée française et surtout par Jeanjean…), Axel Borg s’en sortira : toujours bien mis et au volant d’une Ferrari 250 GT Europa, direction l’Italie !  La partie est perdue… Qu’à cela ne tienne, pour Borg cela n’a finalement que peu d’importance. Car une certaine désinvolture caractérise notre homme. C’est un dilettante du mal !

Ainsi, dans L’Ouragan de Feu, Borg reviendra à nouveau menacer le monde (et à nouveau Lefranc y mettra un terme, toujours aidé par Jeanjean…), par contre sa fin semblera définitive… jusqu’au tome suivant : Le Mystère Borg. Sans aucun doute, l’un des deux meilleurs albums de la série (avec Le Repaire du Loup, dessiné par Bob de Moor, mais sans la présence de Borg en vilain de service) et pas seulement parce qu’il porte le nom de l’ennemi intime du journaliste du Globe. Tout y est : son goût des plans audacieux (cette fois, une bombe bactériologique), des lieux engageants (stations de ski suisses, Venise), des voitures qui le sont tout autant (Jaguar MK2) et des tenues stylées (anorak et toque en astrakan).

 

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Le reste de ses mésaventures (je ne parle que de celles imaginées par Jacques Martin) continuera à mêler grandiloquence conspirationniste, terrorisme international et société secrète, notre ami Borg passant allégrement de l’un à l’autre avec un plaisir non dissimulé.

Cependant, il lui manque encore le petit quelque chose faisant de lui le roi du crime… Le mystère !

Et côté mystérieux, notre champion, notre maître ès malfaisance ne peut être que Monsieur Choc ! Coiffé de son heaume, habillé d’un smoking, rivalisant de machiavélisme et d’humour noir, il tire sa puissance de son anonymat. D’où tous les fantasmes, les suppositions possibles.

Et en ce sens il n’est pas loin de ressembler à Fantômas. D’autant plus, que Will et son fidèle Rosy (le véritable créateur de Choc) auront l’audace (Tif et Tondu étant jusque-là une série humoristique, un peu lourdingue) de lui offrir moult bases secrètes et demeures sophistiquées. Prenez Tif et Tondu contre la Main Blanche ou La Villa du Long-Cri : on ne reverra que rarement en bandes dessinées un bureau de criminel international aussi beau. Ici ni tape-à-l’œil bling bling, ni faute de goût racôleuse. Mais du style, rien que du style…


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Et aujourd’hui, voici que le propre fils de Will, Eric Maltaite (421 et le méconnu Carrefour de Näm-Pha) et Stéphane Colman (l’auteur de l’indispensable White le Choc dans la non moins indispensable collection Atomium de chez Magic Strip), tous deux adoubés par Rosy, tentent de lever le voile sur la personnalité de Choc, de dénouer les fils d’une enfance digne des romans de Dickens.

La violence et la cruauté sont au rendez-vous. Suffisent-elles à expliquer l’ambition criminelle de notre personnage ?  Sans doute pas, ce serait trop simple.

L’essentiel est ailleurs. Une mini série (en deux forts volumes) vient (enfin) de mettre à l’honneur (et avec talent) un prince du crime.  LE Prince du Crime.

Heaume sweet heaume…

 

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 06:58

wally gator logo oddjob logo 2 hkff logo Par Wally Gator, Oddjob et Hong Kong Fou-Fou

 

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Contribution de Oddjob

Alain Goraguer : BOF Sur un arbre perché

Alors que l’indispensable collection "Ecoutez le cinéma", dirigée par Stéphane Lerouge, va s’enrichir d’ici peu d’une magnifique anthologie consacrée aux musiques de films de Louis de Funès, voici une bien jolie composition pour une œuvre mineure, certes, mais au charme doux-amer, tranchant avec les orchestrations plus pop du reste de la filmographie "defunesque".

Eugene McGuinness : Godiva

Et revoici le jeune Eugene, toujours à la fois élégant et rentre-dedans, avec ce titre annonçant un nouveau bon cru fort séduisant.

Tullycraft : How to stuff a wild bikini

Alors que l’élève Moinet m’a donné récemment le goût des Presley’s movies, voici que le toujours perspicace Neil Callatrava (jeune chien fou girondin…) m’envoie ce terrible morceau/hommage couillu à la surf music ! La vie est décidément bien faite.

Abba : Dancing queen

Non, il ne s’agit pas d’un moment d’égarement, ni d’une pose de vieux snob… Rien de tout cela ! Mais il faut assumer pleinement ses goûts (même s’ils risquent de courroucer fortement le patron et d’entraîner la moquerie facile de Wally Gator… qu’importe) : oui, cette chanson, à la mélodie imparable, est le chef d’œuvre d’Abba. Et un chef d’œuvre tout court ! 

 


 

Contribution de Wally Gator

Cher lecteur, au moment où tu vas découvrir cette sélection, je me remplirai les yeux de mes très chers lacs d’altitude où salmo tutta fario, oncorhynchus mykiss bollosa et salvelinus fontinalis m’attendent depuis 8 mois…

Damon Albarn : Mr Tembo

Pour commencer un extrait du premier album solo de Mr Blur-Gorillaz-The Good, the Bad and the Queen. C’est parfait.

Pixies : What goes boom

Eux aussi viennent de sortir un album. Dans la droite ligne de "Trompe le monde" ! Pour la petite histoire, j’ai vu une émission où le journaliste avait l’idée saugrenue de faire un match Pixies-Albarn. Quel est l’album le plus réussi ? Albarn sortirait vainqueur. Je crois que j’ai rarement vu une comparaison plus stupide. Moi, j’aime bien les deux. Et je les trouve incomparables.

Mighty Mighty : Law

Un peu de britpop, car pas de sélection sans britpop ou shoegaze !

Crocodiles : I wanna kill

Un peu de shoegaze, car pas de sélection sans shoegaze ou britpop !

Blood Red Shoes : An animal

Encore une sortie récente. Après un troisième opus décevant, Laura-Mary Carter (miam) et Steven Ansell reviennent et cette fois, c’est bien mieux !

 

 

 

Contribution de Hong Kong Fou-Fou

Une sélection qui servira de compte-rendu au festival "This is not a love song" qui s'est tenu ce (long) weekend à Nîmes. Pour l'occasion, Fury Magazine avait dépêché non pas une, non pas deux, mais bien trois personnes : l'élève Moinet, toujours fringuant et bien fringué, un sympathique sympathisant connu des initiés sous le pseudonyme d'International Batave, et votre aussi humble que dévoué serviteur. Fury Magazine a les moyens. Le festival se déroulait du jeudi au samedi mais nous ne sommes restés que le premier jour. Fury Magazine n'est pas si riche que ça, en fait. Qu'importe, le programme du jeudi était déjà bien suffisant. Le voyage à bord d'un insipide véhicule germanique s'est passé sans histoire. Nous avons tué le temps en disant du mal des absents, Wally et Oddjob en tête.  Un troupeau de chevaux cabrés a déboulé dans un rugissement de moteur, ce qui a offert un répit à Wally et Oddjob, notre discussion tournant autour des motivations qui peuvent pousser un de nos semblables à acheter une Ferrari. Nous sommes arrivés à Nîmes en début d'après-midi. Pour être honnête, la tenue d'un festival rock à Nîmes me laissait dubitatif. Pour moi, Nîmes, c'est la corrida, la féria, les chemises ouvertes sur la chaîne en or, tout ça. Bref. Fi des préjugés. Le festival se tenait à l'extérieur de la ville. Il fallait juste faire attention de ne pas se tromper à l'arrivée : si on tournait à droite, c'était le festival, si on partait à gauche, c'était le pélerinage ND de Santa Cruz... Trois scènes, une extérieure, deux intérieures, une ambiance un peu Woodstock du pauvre, avec des ateliers auxquels même le plus arriéré des baba cools aurait honte de s'inscrire : couronnes de fleurs, cerfs-volants, assemblage de jus de fruits, une conférence "Rock et amour", un mur d'expression libre, bla bla bla. Patchouli, mais presque.

Passons au vif du sujet : à 14h, Filthy Boy ont ouvert le feu. Dans le programme du festival, il est écrit qu'ils lorgnent du côté des Clash. Mmmoui... Pas vraiment quand même. Le groupe est emmené par deux jumeaux tout mous, le bassiste est assez loin d'un Paul Simonon. Plus morveux que morgueux. Il faut dire à leur décharge que nous étions trois à les regarder, collés aux barrières, le reste du (maigre) public présent étant loin derrière ou se prélassant sur les chaises longues mises à sa disposition par les gentils organisateurs. Même l'élève Moinet a craqué et est parti lire l'Equipe sur un transat (oui, il emmène l'Equipe dans les festivals rock. Certaines choses doivent se savoir). Tout ça pour dire que nos pauvres Londoniens ne devaient pas vraiment être motivés pour livrer la prestation de leur vie. En tout cas, si mon avis vous intéresse, j'ai bien aimé et je leur mettrai un bon 13/20 d'encouragement. Ensuite il y a eu Speedy Ortiz, mais j'étais à la buvette. Puis les Temples. Excellent. M'a un peu fait penser à Kula Shaker. Le chanteur s'était même maquillé avec des paillettes autour des yeux, pour faire plaisir aux organisateurs de ce Woodstock gardois. 16/20, pas moins. Direction la grande salle intérieure pour Man or Astro-Man ?  Dans l'obscurité, des sinusoïdes et des robots se sont affichés sur des écrans géants, les musiciens de la Nasa ont déboulé pour nous livrer 45 mn de surf-punk déjanté. Ils ont joué à toute berzingue, ils devaient avoir une soucoupe à prendre pour rentrer dans l'Alabama. L'Alabama ? On aime vraiment se déguiser là-bas. Sauf que les combinaisons de cosmonautes, c'est plus sympa que les robes et les cagoules du KKK. Le guitariste Star Crunch a des lunettes cul de bouteille à faire pâlir Buddy Holly, ça doit être pour résister aux différences de pression dans l'espace. Bref, ils ont 20 ans de plus mais de toute évidence toujours le même plaisir à faire du bruit. Et ça vaut largement un 15/20.  Retour en plein soleil pour Lee Ranaldo & the Dust. C'était l'heure de manger et je dois dire que leur musique était parfaite pour accompagner l'assiette de tapas bio que l'International Batave et moi avons partagée. Venait ensuite Slowdive. Quand j'entends "shoegaze", je sors le fusil mais là, je dois reconnaître que ça se laissait écouter. Je ne leur mets pas de note, je serais quand même sévère. Le clou de la soirée pour moi, c'était The Fall. Voir Mark E. Smith, croisement improbable de Popeye, Mr. Magoo et d'un inspecteur des impôts, se livrer à ses facéties habituelles (enlever un fût de batterie à son batteur imperturbable ; couper le son à son guitariste imperturbable ; pianoter n'importe comment sur le clavier de sa femme imperturbable), c'est un régal. A noter une reprise de "Strychnine", difficilement reconnaissable, quand même. Et merci à un sympathique jeune encarté RPR grâce à qui nous avons eu "Blindness" en rappel. 16/20, j'ai enlevé un point pour les quelques niveaux d'acuité auditive que j'ai perdu dans la bataille. Pour la suite, il fallait choisir entre The Brian Jonestown Massacre et Southern. J'ai fait un peu des deux. The Brian Jonestown Massacre, je connais très mal. Mais ça m'a bien plu. Ils sont huit sur scène, quand même. Dont un qui agite un tambourin. Et quatre guitaristes. C'est comme à Fury Magazine, il y en a qui ne doivent rien faire, qui se fondent dans la masse. A cause d'eux, je ne mets que 12/20. Southern, malheureusement quand je suis arrivé il ne leur restait que trois chansons à jouer. Vraiment dommage, j'ai bien accroché à leur mélange de blues et de rock énergique. 14/20, pour me faire pardonner. Il y avait encore Suuns, j'ai jeté une oreille distraite pendant 37 secondes, j'ai oublié de la ramasser et je suis parti à la buvette. Puis The Jon Spencer Blues Explosion. Avoir l'impression d'écouter 10 fois la même chanson, c'est un peu pénible. Et puis il fallait garder des forces pour le retour, pour continuer à médire de Wally et Oddjob. Rideau avant la fin de leur prestation, donc.

En conclusion, ce festival, dont c'était seulement la deuxième édition, s'est révélé être une excellente surprise. Comme j'aime bien les maths, j'ai fait un petit calcul : sur les 8 heures de musique que j'ai entendues, il y en a bien 6 où mes oreilles ont pris leur pied. Bel exploit. J'ai donc envie de dire aux organisateurs : "A l'année prochaine". Peut-être même que je m'inscrirai à l'atelier "Couronnes de fleurs".

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 06:28

hkff logo Par Hong Kong Fou-Fou


Alors voyons...

La semaine de congés posée en août ? OK.

La villa réservée sur la Riviera ? OK. Certes, il faut se mettre sur la pointe des pieds debout sur un tabouret pour voir la mer mais tant pis, plus près c'était trop cher.

Le maillot de bain "James Bond" commandé sur Zalando ? OK.

La perte de 10 kilos pour rentrer dans le maillot de bain "James Bond" commandé sur Zalando ? Presque OK.

La lecture des "Mémoires d'un playboy", de Massimo Gargia, acheté sur un vide-greniers ? OK.

Bien, les prochaines vacances s'annoncent pas mal. Les nanas n'ont qu'à bien se tenir, il n'y a pas qu'à la pétanque que vous allez marquer des points. Mais des années de pratique de la drague estivale vous ont appris que la différence entre l'ivresse de la victoire et l'amertume de la défaite tient souvent à un détail. Trop de pento, pas assez de déo, par exemple. Ou une chemise trop bariolée, un pantalon trop large. N'importe quoi, la femme est cruelle. Ne négligez surtout pas le véhicule. Vous ne pouvez pas vous rendre sur les lieux de votre villégiature au volant de votre 307 de société. Vous allez être confronté à une sérieuse concurrence qui roule en Ferrari, en Porsche, voire en Aston Martin pour ceux qui ont du goût. Inutile d'essayer de la combattre sur le terrain de la voiture de luxe, je vous rappelle que vous n'avez pas pu louer une villa avec vue sur la mer. Visez plutôt l'originalité, le côté sympa, rigolo qui endormira les pauvres biches innocentes que pourchassera le grand prédateur que vous êtes. Après tout, au milieu d'un troupeau de Porsche (une Porscherie ?), une 2CV a plus de chance de faire tourner des têtes aussi bronzées que blasées.

Puisque vous allez à la plage, il vous faut une voiture de plage. Vous savez, ces petites voitures sans fenêtres ni portières tellement pratiques pour se rendre du yacht jusqu'à chez Sénéquier sans risquer de salir ses mocassins blancs. Le problème c'est que vous, vous allez faire Paris/Le Cap Ferrat par l'autoroute là-dedans, mais ce n'est pas grave. Vous récupérerez votre souplesse et votre acuité auditive en quelques jours.

Certains modèles sont munis d'une tonnelle en tissu coloré et de sièges en rotin. Ridicule ? Tss tss tss... Pas plus qu'une Murcielago jaune fluo. Et quand vous accumulerez les conquêtes, vous regretterez ce jugement hâtif. Pour se transformer en sex pistol, il ne faut pas hésiter à devenir Johnny Rotin.

Voyons, que peut-on vous proposer ?

Commençons par le véhicule de plage par excellence : le buggy. Si certains modèles s'appelaient dune buggy, ce n'est pas pour rien. Né dans les années 60, inspiré par une voiture hippomobile française inventée en 1777, le boquet. Voilà pour la culture générale. L'essentiel, maintenant : Steve McQueen a réussi à emballer Faye Dunaway au volant d'un buggy. Hmm, ça serait bien le diable si vous, vous n'arriviez pas à convaincre une quelconque touriste slave de venir voir le soleil se lever de la terrasse de votre villa de location... Sur la pointe des pieds debout sur un tabouret, mais ça, vous ne lui direz qu'après.

Attention cependant de ne pas déraper. Au propre, mais surtout au figuré. On peut très vite tomber dans le too much avec un buggy : une peinture pailletée violette, une croix allemande sur le capot, une tête de mort en plastique accrochée au rétroviseur, un peu trop de chrome et c'est le faux-pas. Dans le choix du buggy, comme en arithmétique, la clef du succès est dans la retenue.

 

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BBuggy

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Jimi Hendrix (1968). Je ne suis pas sûr qu'il ait sa main sur le levier de vitesse.

 

Autre grand classique, la Mini Moke. Il existait déjà une Mini version plage, la Beach Wagon. En 1963, Sir Alec Issigonis a voulu concurrencer la jeep américaine, en proposant un nouveau véhicule militaire léger facile à parachuter, la Moke. Problème : avec ses roues minuscules, elle pouvait à peine grimper un trottoir, alors rouler sur des terrains difficiles... Solution : utiliser cette petite merveille non plus pour trimballer des battle dress boueux mais des bikinis humides. Voire le pantalon beige d'un espion démissionnaire. Et là, bingo, la voiture devient culte.


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Beach Wagon.

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Comme le N°6, ce taxi est libre.

 

Une mauvaise nouvelle : BMW continue à massacrer le patrimoine Mini et va ressortir la Moke. Je vous épargne la photo, parce qu'il n'y a pas photo, justement. Aucune ressemblance avec l'originale, on dirait un gros insecte farci de connectiques et d'électronique. Les gogos bobos qui achèteront ça repartiront au volant d'un buggy informatique... Une moins mauvaise nouvelle : les Chinois ressortent une Moke bien plus fidèle à la vraie. Mais en petite quantité.

 

Toujours dans les incontournables : la Méhari de Citroën, apparue en mai 1968. Idéale pour transporter des pavés, ou des CRS. Célébrissime avec sa carosserie en plastique aux couleurs évocatrices : orange Kirghiz, beige Kalahari, rouge Hopi, etc. Si comme moi vous avez lu et relu "L'escadron blanc" quand vous étiez gamin, ne poursuivez pas plus loin la lecture de cet article, c'est elle qu'il vous faut.


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Continuons dans le plus rare, avec la Renault 4 Plein Air (1968). Elle n'a eu qu'une existence éphémère, puisqu'arrêtée en 1970. Mais il était possible de se procurer un kit pour convertir sa 4L en Plein Air. Deux coups de disqueuse, une bande autocollante sur le bas de caisse, un chapeau de brousse et vous voilà paré pour l'aventure, même si elle se limite à aller acheter un pack de bières au supermarché local.

 

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Si on vous avait dit qu'une 4L pouvait être un aspirateur à gonzesses...

 

Un petit film de présentation de la Plein Air, très "chabadabada", pour égayer votre journée de boulot.

 

Continuons avec la Michelotti Shellette, créée par le prolifique Giovanni Michelotti, à qui l'on doit tout un tas de jolies voitures qui font rêver les grands enfants que nous sommes restés à Fury Magazine : Triumph GT6 ou Stag, BMW 2002, Alpine A110, tout un tas de Ferrari, Maserati, la liste est sans fin et sa lecture solliciterait inutilement nos glandes salivaires. Cette petite voiture était construite sur base de DAF, puis de Fiat 850. Le tableau de bord comme les sièges étaient en osier et, vu le nombre d'exemplaires produits, il vous en faudra, de l'oseille, pour vous en procurer une. Fumer à bord n'est d'ailleurs pas recommandé, sous peine de risquer de voir votre investissement partir en fumée.

 

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    La famille royale hollandaise quitte sa villa italienne au volant d'une DAF 33 Kini.

 

Fiat Jolly

Appelée Spiaggina dans son pays d'origine, destinée à être un jouet de plage pour les riches habitants de Portofino. Mieux qu'un bête seau assorti de sa pelle, non ? Avec ça, vous êtes sûr de ne pas vous prendre un râteau à la sortie de la discothèque. Au volant de cette voiture, les femmes ne peuvent que vous dire Oui-Oui. Vous n'êtes pas convaincus ? Elle n'est pas assez virile ? Alors j'ajouterai juste que Gianni Agnelli en possédait une. S'il y a bien un authentique playboy, c'est lui. Vous ne serez toujours qu'un amateur à côté de lui.


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Multipla Eden Roc

Toujours chez Fiat, cette autre rareté est destinée aux plus gourmands d'entre vous qui envisagent de transporter un harem. N'oubliez pas votre casquette d'amiral et au volant (j'ai failli écrire à la barre), vous n'aurez aucun scrupule pour les mener en bateau.


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Voilà, vous savez (presque) tout, il vous reste deux mois pour trouver votre voiture de plage et assortir votre garde-robe à sa couleur. Et n'oubliez pas, "life is a beach".

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 06:50

Eleve Moinet 2 Par l'élève Moinet

 

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Un bla-bla à lire avec la voix de Line Renaud (période Ma cabane au Canada, la meilleure), et celle de l’interprète du Maharadja de Kimpura dans Fantomas contre Scotland Yard (pas le meilleur).


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Here we are in the gai Perpignan. Voulez-vous promenade with me ? Let me show you my town, the Perpignan I love with le joie de vivre. Love is everywhere, any time in Perpignan, don’t you know ? So seat back, relax, but don’t close your eyes.

Let us start our tour in the famous Bongo club. Heu… Vous voulez ajouter quelque chose, Mister Gator ? Let me introduce you my little assistant, the famous Wally Gator, a typical Catalan boy.

"Ouvert tous les jours de 15 h à l’aube, même le dimanche. Ses hôtesses. Du super érotisme, du Strip intégral, excitant, grandiose et sans-interruption, avec la Mata-Hari de l’an 2000, avec l’adorable Sally Kramer, avec Miss Scandale de retour de Las Vegas, sans oublier les strip-teases les plus osés de Cendula, la super-star internationale du strip, La Corral, Sissi le Flip’s trio et les… Baby Stars !

Dit-il le doigt en l’air ! Ah ah ah. Now let us go to the picturesque My Fair Lady… Two o’clock in the morning…One couple is left. Holding hands across the table looking to Lady Godiva, the famous strip-tease star. Yes Wally ?

"Sa beauté troublante, sa blondeur naturelle et surtout sa plastique impeccable font l’unanimité. (…) Après de nombreuses tournées dans les plus grands cabarets et casinos du monde elle revient pour la plus grande joie des connaisseurs. Il faut voir son corps splendide, évoluer avec grâce au son de la musique. Après chaque représentation, le public sous le charme reste un long moment envouté. La direction du "My Fair Lady" certaine d’offrir aux clients même les plus difficiles un spectacle de haute qualité vous attend chaque soir pour applaudir la merveilleuse Lady Godiva."

Well well well, On the left bank, la “rive gauche” with so many philosophers, intellectuals and juvenile delinquents, sitting in the sidewalks cafés, drinking and talking about tout et n’importe quoi and about… the famous band R.E.M playing in The “Tiki club” tonight ! 


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And the others ? They are talking about love. They don’t say “je vous aime” no, no, they say in the Perpignan jive talk "Ah c’qu’on est bien" before going to admire "La Kalingha" at the cabaret "Le Drouot". Vous voulez rajouter quelque chose Wally ? He’s incredible…

"Née d’une mère russe et d’un père tzigane espagnol, elle a toujours vécu dans la roulotte. Enfant de la balle elle devint comme sa mère trapéziste avant qu’une chute de 10 mètres ne l’éloigne de la piste et du cirque. (…) De son corps à la beauté féline elle tire le meilleur. Avec la Kalingha c’est un retour vers une pureté originelle. C’est le chant d’une race en voie de disparition et dont…"

Thank you, thank you Wally. Ah ah ah, of course we must not forget the "Foire of the Saint-Martin" a rendezvous for every juvenile bachelor. Wally, please…

 "Parmi les attractions insolites, il faut citer "Le Ging" spécialisé dans le strip-tease. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas des "retraitées" qui jouent les effeuilleuses, mais des pin-up qui pourraient jouer les starlettes au festival de cinéma de Cannes. Le patron de ce métier original nous a confié qu’il n’aurait pas peur de présenter son spectacle face au Lido. Avant de passer de l’autre côté du rideau, ces six demoiselles font la "parade" ensuite elles…"

Oh la la, we can’t stop him !… Now let us climb to the famous resort of French vague à l’âme, the so romantical Canet-Plage and his célèbre "Tiffany’s".

"Vers minuit un premier passage d’une nouvelle danseuse exclusivité pour 10 jours du Tiffany’s de Canet-Plage. Près d’un mètre quatre-vingt-dix, des hanches et des rondeurs en rapport avec sa taille ; elle vient de Dakar et danse avec une relative facilité qui surprendra comme elle a déjà étonné les premiers spectateurs. Sûr qu’elle ne sera pas surprise lors du prochain concours (…) On doit désigner le plus gros mangeur de spaghettis de la région et comme à d’autres, il ne faudrait pas lui promettre des demi-portions."

Well, I hope you have enjoyed our little tour, but there are so many places I have add to leave out such as "L’écrin"…

"Et son cadre chaud, son ambiance douce".

Le "Splendid Bar", The revue "Show business" at the "L’incognito"…

"Interdite aux moins de… 21 ans…"

So in the hope you will join us some day in Perpignan, until we meet again let me say… vous dansez mademoiselle ?

"And don’t forget the guide !"

 

* Wally was reading the famous journal "L'Indépendant" 

* Toute ressemblance avec "A bachelor in Paris" n'est pas tout à fait fortuite.


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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 07:17

wally gator logo oddjob logo 2 hkff logo Par Wally Gator, Oddjob et Hong Kong Fou-Fou


bon tempo mai 2014

 

Contribution de Wally Gator

Philippe Nicaud : J’aime ou j’emm…

1969, un conseil pour vous sentir bien du dedans, sans bifidus, ni fibre, garanti sans fruit ni légume.

The Feelies : Morning comes

Rough Trade, Stiff Records… On ne prend pas trop de risque en écoutant ces Ricains. Parfait, sans stress, tout va bien !

The Sea Urchins : You’re so much

Encore une belle pépite signée Sarah Record. Ils sont rangés dans la Twee pop.

Air : La femme d’argent

On ne présente plus les Français d’Air. Quand ce titre est sorti, je dois dire que j’y suis resté complètement hermétique. Un de mes frères avait beau me dire que Air, c’était super-chouette, rien n’y a fait. Je me suis lourdement trompé. Mea culpa, Nicbroz, mea maxima culpa.

Weekend affair : Clouds are far

Précipitez-vous sur ces autres Français ! Ne soyez pas aussi bête que moi dans mes jeunes années. En plus, c’est dans la même veine que Air.


 



Contribution de Hong Kong Fou-Fou

The Banter Thiefs : Pretty boys (2014)

Nouvelle galette pour ces Ecossais qui ont un message très important à transmettre : messieurs, si vous n'êtes pas gentils avec votre petite amie et que vous passez trop de temps dans les bars avec vos copains, eh bien elle finira par partir avec le livreur de pizza. OK, ce n'est pas très profond. Mais c'est vrai. Merci les gars de penser à la sauvegarde de nos couples. Après la protest song, la protect song.

Les Fils de Joie : Adieu Paris (1982)

J'ignorais que l'élève Moinet était leur parolier. On retrouve pourtant son optimisme débridé, sa liesse communicative dans cette jolie ritournelle qui, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, nous vient de Toulouse. Comme Zebda, alors ? Comme Zebda. Oh, putaing.

Tenement Halls : Plenty is never enough (2005)

Tout seul dans sa cabane, avec sa guitare sèche et sa tête à se faire voler son goûter à la récré, Chris Lopez enregistre de bien belles chansons. De toute façon, quand on intitule son album "Knitting needles and bicycle bells", on ne va pas mettre dans sa vidéo des grosses limousines chromées, des culs pailletés et des villas en marbre. Et c'est très bien comme ça.

Desmond Dekker : Please don't bend (1980)

A l'aube des années 80, les groupes 2 Tone déferlent sur l'Angleterre et, par voie de conséquence, le reste du Monde. Desmond Dekker, comme quelques autres anciens de la musique jamaïcaine, en profite pour essayer de revenir sur le devant de la scène. Cette chanson est loin d'être parmi ses meilleures mais la vidéo vaut le coup d'oeil, elle permet aussi de voir Chalky et Toks, les poissons-pilotes du requin Madness. Les amateurs apprécieront l'humour de DD, qui mériterait de lui ouvrir les portes de Fury Magazine : "Girl, the dress you are wearing is a bit too short. Child, don't misunderstand me, I am not an asstronaut". Des paroles cucul, quoi.

Man... or Astroman ? : The miracle of genuine Pyrex (1997) / Lo Batt (1997)

Enchaînement habile. Ce groupe que je n'ai pas dû écouter depuis 20 ans, passe à la fin du mois à Nîmes, dans le cadre du festival "This is not a love song" alors il faut réviser. Comme je n'arrivais pas à choisir la vidéo dans laquelle ces cosmonautes en carton donnaient le mieux la mesure de... heu, leur talent créatif, j'en ai gardées deux.

Sleaford Mods : Tied up in Nottz (2014)

Déjà présent il y a six mois, revoilà le duo pour lequel le mot "branleurs" a dû être inventé, avec un extrait de son nouvel album, disponible au moment où vos oreilles vous diront : "Bon sang, il me faut ce truc !" Il n'y a pas à dire, les Sleaford Mods nous vendent du rêve, que ce soit dans la vidéo tournée dans un bus de Nottingham un jour de pluie ou, si vous suivez le lien ci-dessous, dans le petit film tourné pour le NME où, en chaussettes, ils nous font l'honneur de leur intérieur.

http://www.nme.com/nme-video/sleaford-mods-film-fizzy--tiswas-for-nme/3467659651001

 

 

 

Contribution de Oddjob

Mighty Mighty : Maisonette

Encore une pépite pop 80s dégainée par l’inestimable (et mystérieux…) Neil Callatrava. Et question efficacité on a connu pire ! Bonjour chez vous.

Circa Waves : Stuck in my teeth

La nouvelle sensation tout droit venue de Liverpool. Pour l’instant quelques singles plutôt bien fichus, avant un premier album très attendu. Affaire à suivre.

Temples : Keep in the dark

"Nous ne sommes pas garage, nous ne sommes pas mod." Tant mieux ou tant pis. En tout cas peu importe ce qu’ils sont, pourvu qu’ils continuent à nous produire cette pop vraiment excitante mais jamais racoleuse.

The Olivensteins : Fier de ne rien faire

J’aurais pu choisir Patrick Henry est innocent ou Pétain, Darlan, c’était le bon temps. Mais à Fury on sait se tenir. Et même si nos lecteurs les plus fidèles reconnaîtront l’influence de l’élève Moinet derrière ce choix, un certain dandysme punk n’est pas fait pour me déplaire !


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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 06:55

Eleve Moinet 2 Par l'élève Moinet

 

Michel, Dan, Jimmy, Marc, Ric… Les jeunes gars du style rétro

 

Ce mois-ci : Michel Vaillant dans Le retour de Steve Warson, ou quand Steve devient un Hipster


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Vous n’allez pas me croire, mais j’aurais aimé vivre dans un monde parfait. Dans un monde où tout aurait été possible et pas probable. Un monde où je serais tombé à chaque fois sur la rue de la Paix, sans même ramasser les 20 000. Un monde où je garderais mes illusions et le Coca light ses bulles. Un monde où elle ne m’aurait pas laissé tomber. Ma voiture à pédales rouge avec son pot d’échappement chromé. Un monde où Maxime Bossis aurait réussi son tir contre l’Allemagne en 82, et Kostadinov raté le sien en 94. Un monde où Morrissey aurait résisté au temps comme Oscar Wilde à la tentation. Ou plutôt le contraire. Un monde où toutes les chansons blues de Let it Bleed auraient été sur la même face et toutes les chansons rock sur l’autre. Mieux que les Beatles, le concept. Un monde où David Bowie n’aurait jamais repris Let’s spend the night together des Rolling Stones et aurait gardé All the young dudes à la place. Un monde où David Bowie n’aurait jamais sorti Pin ups, mais un EP 4 titres bien sixties. Collector assuré. Un monde où Lou Reed aurait été un peu moins et un peu plus. Un monde où les Sex Pistols n’auraient jamais sorti d’album. Que des 45 tours. Légende  assurée. Où Love will tear us apart serait resté sur Closer. Le genre de chanson qui vous pose un album pour l’éternité. Un monde où Adolphus Claar aurait eu 48 pages et un dos toilé bleu ciel et Bob Fish Detectief un dos bleu marine et plein de mots belges en plus sur le tableau noir. Un monde où Tintin au Tibet aurait eu sa belle couverture blanche, toute blanche et Spalding, des pattes d’éléphant, du moins son pantalon, à l’aéroport de Djakarta. Un monde où Atlas, pas les déménageurs, mais les faiseurs de petites voitures en boite, n’auraient pas oublié Fantasio sur son vélo dans la boite de 203 de La mauvaise tête. C’est chaque fois sur Spirou que ça tombe ce genre de truc, c’est pas possible ! Un monde que Théodore Poussin aurait parcouru sans ces sempiternelles étiquettes de bagages consignées sur la couverture. Un monde où Le mystère de l’Atlantide aurait son début et L’homme au masque de cuir n’aurait pas sa fin. Un monde où Le retour de Steve Warson n’aurait pas le sien, ni la sienne. De début et de fin.

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Revenons sur Terre. Prenez votre Le retour de Steve Warson, arrachez proprement mais fermement les 3 premières pages. Craaac. Faites-en de même pour les 7 dernières. Craaaaaaac. Si c’est un album de la collec du Lombard, le temps aura rendu cette opération plus aisée. A la poubelle ces 3 + 7 = 10 pages inutiles.  Commencez votre livre à la deuxième case du troisième strip : un coureur surgit hors de la nuit et court vers l'aventure en courant. Barbu, chevelu, jean slim à revers, boots casuals, mais, mais… c’est un Hipster ?! Non, c’est Steve ! Steve Warson. Où court-il ? Chez Killywatch, rue Etienne-Marcel, pour s’acheter une chemise à carreaux ?  Non. Steve, Steve Warson tente d’échapper à Pablo. Pour le coup, il aurait mieux fait d’emporter son pignon-fixe.

-  Questions : dans quel album un autre personnage tente d’échapper à ses poursuivants sur des quais humides ? Et qui sont-ils ?

- La Marque Jaune bien sûr, et Scotland Yard bien entendu.

Et qui pour l’aider ? Personne, tintin ! Mais si, enfin,  Michel ! Michel Vaillant qui monte de nuit sur le cargo, comme le fera Axel Bauer 20 ans plus tard, pour rechercher son copain (doublement) ravi.

- Question : dans quel album un héros monte-t-il sur un cargo pour rechercher son ami prisonnier ?

- Tintin sur le Pachacamac pour rechercher Tournesol bien sûr. Comment ça, personne ? Mais si, Tintin. Ah, Tintin !

Et quand, après avoir pris des pains dans la gueule, pour retrouver son copain perdu qui en a pris plein la tronche (de pain perdu) en guise de dessert, il est jeté par-dessus bord dans la Mer du Nord (brrrr), qui c’est qui vient le repêcher ? Réponse à la ligne…

Yves ! Yves Douléac, le minot de Marseille, monté à Amsterdam pour servir de maître-nageur-sauveteur à son champion de patron. C’est que ce n’est plus un "petit v", le petit. Fraîchement émoulu de l’école Vaillante, c’est un "grand v" maintenant. Comme maman Douléac doit être fière de lui. Dommage  que l’auteur n’ait pas choisi de nous faire vivre les deux histoires en parallèle, de manière linéaire, avec suspens à la clef (à molette), plutôt que de nous la faire réciter par récitatif interposé par le jeune Provençal. Le charme du direct, on dira ce qu’on veut…

- Question : qu’auraient dû lui administrer ses ravisseurs pour être sûr qu’il coule à bien pic ?

- Du gaz o.x 2 z,  comme dans Tintin en Amérique, bien sûr.

Repêché, repassé, séché, blanchi, il faudra encore à notre champion affronter le cynisme, le découragement, le désespoir et… la prévenance de son ami. Comment Michel se retrouve-t-il bordé, après s’être endormi sur son lit (planche 39), hein ?... N’en voulons pas à l’auteur. Son héros est dans de "beaux draps". Lui aussi. Cette histoire, c’est la nôtre, c’est la sienne. C’est son album le plus personnel, le plus noir. Celui qui n’a rien d’alimentaire (mon cher Warson). On ne peut s’empêcher de l’imaginer en repérages dans les parages, promenant son mal de dents sur le port d’Amsterdam, son carnet de croquis trempé à la main. S’essayant à la gnôle au Caïman bleu.  "Allons, il le faut, c’est pour l’album". Luttant contre la fatigue et l’ennui pour hachurer méthodiquement le ciel batave. Réveillé par le bruit du port à l’Amstel-Hotel... Taraudé par son histoire… "Comment sortir mon héros de ce mauvais pas ?... Le FBI, encore ? Pourquoi pas la gendarmerie nationale tant qu’on y est !... Pourquoi pas une femme ? Oui, une femme, douce et solide dans ce monde de brutes… Tiens, ça me rappelle ma cheftaine avec ses gants et ses socquettes blanches… Hubertine !" Que mes collègues, mais néanmoins amis, me pardonnent de parler en leur nom après celui de l’auteur, mais Hubertine est la femme modèle que nous aurions tous aimé connaître. Simple, réservée, efficace, cette Miss Marple de choc résout à elle seule la fin de l’histoire. En plus, elle a le bon goût de donner rendez-vous à Michel devant "La ronde de nuit" de Rembrandt, lui qui sort à peine de la "Route de nuit". Scène hitchcockienne, digne de La mort aux trousses, s’il en est. Il y a du Eve Kendall dans Hubertine. Hubertine ? Une femme, une vraie. D’ailleurs Steve ne s’y trompe pas. Ses adieux à sa sauveteuse sont bouleversants. Champion au grand cœur.

- Question : à quels sympathiques héros nous font penser Yves, Hubertine et Michel réunis devant une toile de maître dans un musée d4amsterdam ?

- A Bob et Bobette et Monsieur Lambique devant une toile de Pierre Brueghel l'Ancien, dans un musée d'Anvers, au début du Fantôme espagnol bien sûr.

 

Voilà. A l’attention des plus pressés et des plus influençables d’entre-nous, nous allons vous proposer un résumé et un conseil.

Le résumé, le voilà : Michel et Steve, qui s’est fait pincer, tombent à l’eau. Qui reste-t-il ? Les deux bien sûr.

Le conseil, le voilà : et si vous rappeliez aujourd’hui, maintenant, là tout de suite, un vieux copain oublié ? Retenu par des forces maléfiques (en clair, sa bonne femme), comme Steve a rappelé Michel du Caïman bleu ? Allez, faites le premier pas. Donnez-lui rendez-vous, passez un moment vraiment marrant dans un endroit vraiment sympa, à vous rappeler le bon vieux temps. Sortez dans la rue, regardez le soleil qui brille, prenez votre ami par l’épaule, comme Michel et Steve à la fin de l’histoire.

- Et si on allait chez moi ?

- Et pourquoi faire ?

- Pour relire un bon Michel Vaillant.

- Oui, si tu veux.

- Allez, viens.

 

Intensité dramatique : *****

Valeurs familiales : *

Valeurs sentimentales : ****

Données historiques : **

Valeurs morales : ***

moinet-4.jpgL'élève Moinet au début de sa résistible ascension

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 06:44

hkff logo Par Hong Kong Fou-Fou

 

Schnock 4

 

J'aime lire. Beaucoup. Je pourrais même en faire mon activité N°1, s'il ne fallait pas de temps en temps bouger pour que les muscles ne s'atrophient pas. Des romans, d'abord. Mes auteurs préférés ? Des écrivains bourlingueurs comme Hemingway, Kessel ou de Monfreid, des hommes à la fois de lettres et d'action, qui me permettent d'arpenter le monde, mollement allongé sur mon lit, telle une méduse sur son radeau. Grâce à eux, ma lampe de chevet devient ma liseuse de bonne aventure.

Des BD, aussi. La production actuelle m'intéressant assez peu, je reviens toujours aux classiques. Franquin, Tillieux, Will. Avec leurs héros en noeud papillon à l'âme aussi claire que la ligne qui les matérialise. Je les relis inlassablement, pour être sûr qu'il ne me manque pas une case.

Et puis des magazines. C'est pratique, un magazine, ça ne demande pas le même investissement en temps qu'un bouquin. Assis en terrasse au café, on lit quelques lignes entre deux jolies paires de jambes qui passent ; le soir dans la cuisine, on survole un article en surveillant la cuisson des spaghetti (7 mn si vous les aimez fermes, 8 mn al dente, 9 mn bien cuits) ; au coucher, on feuillette quelques pages avant de tourner celle de sa journée et sombrer dans un sommeil réparateur. La question est : quel magazine faut-il élire et lire ? A chaque fois que je vais chez un marchand de journaux, j'erre longuement devant les présentoirs, comme une âme en peine, sous l'oeil inquiet du commerçant qui se demande si je ne vais pas lui braquer la caisse. J'ai l'air suspect, je ne suis que circonspect. Parce que s'il y a du choix, il y a aussi beaucoup de déchets.

J'écarte d'emblée Télérama ou les Inrockuptibles, pour des raisons évidentes que vous comprenez si vous êtes moi. Je préfère encore relire ma feuille d'impôts plutôt que de toucher à ça. Tout juste bon à lobotomiser les bobos. De la presse-purée.

Pareil pour L'Express, Le Point, Le Nouvel Obs'. Ca peut passer dans une salle d'attente avant d'aller se faire arracher une dent, mais de là à les ramener chez soi, non.

J'aime bien Idéat ou AD, mais après j'ai l'impression d'habiter un taudis, je houspille les enfants pour qu'ils rangent leurs chaussettes qui traînent. Et puis s'il y a beaucoup à regarder, il n'y a pas grand chose à lire.

Vient ensuite toute cette presse masculine, les GQ, Optimum, Lui, Edgar, Monsieur et consorts. Ca se veut différent mais ça interviewe toujours les mêmes personnes, les mêmes réalisateurs, auteurs, acteurs. Ca ne prend pas de risque, ça recherche le consensus, ça fait dans l'entre-soi. C'est vu et revues...

The Good Life s'en sort un peu mieux. Mais je leur reproche de consacrer trop de pages à l'économie. J'arrive à peine à gérer mon PEL, comment voulez-vous que ça m'intéresse ?

Les magazines musicaux sont ennuyeux. Ou peut-être est-ce surtout la musique actuelle qui l'est ? Pas mieux avec les titres consacrés au cinéma, à l'exception parfois de So Film, qui est au monde des salles obscures ce que So Foot est à celui du stade.

So Foot, justement, c'est le seul qui trouve vraiment grâce à mes yeux. Je l'ai déjà dit, je n'y connais pas grand chose en foot, mais leurs articles sont drôles, bien écrits, et parlent assez peu de foot, finalement. 


Schnock

 

Et puis, récemment, j'ai découvert Schnock. La révélation. L'illumination. Les anges dans nos campagnes. L'éruption du Karamako. Et en parlant de KO, c'est en titubant comme un boxeur qui aurait croisé le poing de Mohamed Ali que je suis sorti de ma première confrontation avec ce monument d'érudition en matière de culture populaire qu'est Schnock. Comment ne suis-je pas tombé plus tôt sur ce truc-là ? Schnock, c'est ce que pourrait être Fury Magazine, si on avait plus de temps, plus d'argent et, mon Dieu que c'est difficile à écrire, plus de talent.

En voilà un, de magazine décalé, impertinent, intelligent, qui ne cherche pas à plaire à tout le monde (qui ne cherche pas à plaire tout court, d'ailleurs). Il n'y a qu'à regarder les dessins de couverture pour savoir à quoi s'attendre : Jean-Pierre Marielle pour le N°1, avec cette légende "Le travail? Non merci". Lui ont succédé Jean Yanne, Daniel Prévôt, ou encore Amanda Lear. On est loin des sempiternelles "unes" tapageuses consacrées aux denières frasques de la dernière révélation du showbiz.

Et ce slogan : "La revue des Vieux de 27 à 87 ans" ! Moi qui comme seule tablette possède un désuet Telecran, vous pensez que ça me parle.

Schnock aborde tous les sujets mais en se focalisant quand même sur le passé, avec une prédilection pour les années 70, voire 80, l'époque où Mesrine chantait "En cabane au Canada", où Broc et Chnok, justement, animaient les mercredis après-midi télévisuels, où Trésor enregistrait son "Sacré Marius".

Tous les sujets, vraiment. Même les plus improbables. Jugez plutôt (l'adverbe, pas le chien. Il est innocent) : quel autre magazine a interrogé la personne qui a fabriqué les derniers gadgets de Pif ? Quel autre magazine a mis au sommaire du même numéro Jean Seberg et Groquik ? Quel autre magazine a fait revivre Mort Shuman ? Quel autre magazine nous a appris quelque chose de neuf sur les Shadoks (via mon vieux camarade Thierry Déjean, que je salue ici) ?

La mise en page est sobre et élégante. Les articles sont fournis, on est loin de l'arnaque d'une certaine presse où, une fois enlevés les titres hauts comme un immeuble et les photos pleine page, il reste autant de texte que dans une blague Carambar (et souvent du même niveau, d'ailleurs). Là, c'est du sérieux. 50 pages sur le diptyque "Un éléphant ça trompe énormément" et "Nous irons tous au Paradis" dans le dernier numéro, on peut dire qu'on fait le tour du sujet. Dans le même numéro, ils arrivent à sortir 2 pages sur un album d'Yves Simon, ça force le respect, moi j'aurais du mal à accoucher de 2 lignes. Autre avantage sur la concurrence : à notre époque où le consumérisme nous consume, il n'y a pas de publicité. Vous avez bien lu (grâce à vos lunettes Afflelou, bien sûr. Et n'oubliez pas que la seconde paire ne coûte qu'un euro de plus !)  Dans Schnock, on n'essaye pas de nous vendre toutes les deux pages un après-rasage (ce qui convient parfaitement dans d'autres magazines dont les gratte-papier n'ont de cesse de nous raser, justement). Alors qu'ailleurs on cherche désespérément les articles entre les pages de pub, là il n'y en a pas. Pas du tout. Rien. C'en est presque dérangeant.

Le magazine n'a qu'un défaut, il est difficile à trouver. Mais c'est aussi sa qualité. Visez les librairies plutôt que les kiosques à journaux placardés "Closer". Il faut également sortir 14,95 euros de sa poche pour qu'il soit à vous. C'est cher, mais c'est le prix de la différence, de l'exclusivité. Et de l'indépendance. La sienne, et la vôtre. De toute façon, avec seulement 4 numéros par an, vous aurez quand même de quoi acheter à manger aux petits. Et, quand ils seront moins petits et que vous leur remettrez solennellement la collection complète de Schnock que vous aurez soigneusement conservée sur la cheminée, entre le Manifeste Chap et les Mémoires de l'Elève Moinet , ils vous remercieront. Les articles sont déjà datés, ils ne risquent donc pas de se démoder, et tout étant un éternel recommencement, ils seront peut-être furieusement tendances, comme on dit dans tous les magazines que je ne lis pas, dans quinze ou vingt ans. Si Fury Magazine se veut l'avant-garde du passé, Schnock est peut-être l'arrière-garde du futur. Ce qui ne veut toujours rien dire. Mais en jette toujours autant.

schnock model

Lui, c'est un vrai Schnock model. Et vous ?

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 06:34

oddjob logo 2 Par Oddjob

 

On m’a souvent reproché (et on me le reproche encore, à juste titre) de n’être pas bon public pour le genre comique au cinéma… et surtout celui estampillé "français". Comme si on se méfiait de mon désintérêt pour le rire. (Et je ne parlerai pas ici des comédies américaines, anglaises ou bien encore italiennes tant leur niveau dépasse le genre pour relever du cinéma, tout simplement !)

Bref, je passe pour un gars pas (très) drôle !

C’est vrai que je n’ai jamais vu ni Les Visiteurs, ni Les Chtis, ni Les Campings et j’en oublie (l’histoire du cinéma aussi…)

Mais ce n’est pas le rire que je crains mais la vulgarité, le pipi-caca frelaté, la veulerie assumée, la beaufitude exaltée, le bling-bling de supermarché.

Le populeux a remplacé le populaire et les masses crasses se ruent béatement dans les multiplexes pour s’y voir, pour s’y retrouver et revivre leur vie médiocre.

 

Alors oui, encore une fois (et sans doute pas la dernière), je vais vous redire que c’était mieux avant (et au diable ce que l’on pense de moi). En vrac : Robert Dhéry et ses branquignols dans La Belle Américaine, Louis de Funès dans tous ses films, Pierre Etaix et sa poésie comique (ou son comique poétique, au choix), Jacques Tati et sa vision personnaliste des Trente Glorieuses ou encore Philippe de Broca héritier français de Tex Avery (selon Jacqueline Bisset)…

 

Tati.jpg

 

Car à l’époque, on taquinait, on persiflait, on pastichait, on avait le verbe haut et fleuri et le culte du bon mot. Mais maintenant, ce n’est que moquerie facile, blagues d’ados attardés et insupportable humour cocaïné "made in Canal" !

Avant, un Bourvil était excellent en Français moyen chez Gérard Oury (La Grande Vadrouille et Le Corniaud), comme en commissaire tenace chez Jean-Pierre Melville (Le Cercle Rouge). Dans un autre registre, un Noiret se retrouvait juge féroce chez Bertrand Tavernier (Le Juge et l’Assassin) et professeur de grec vieux garçon chez Philippe de Broca (Tendre Poulet et sa suite On a volé la cuisse de Jupiter), avec le même talent.

Aujourd’hui… que dalle ! Et quand on voit un Luchini perdre son temps dans des comédies qui n’en ont que le nom (l’improbable Les Femmes du 6e étage), on n’est pas près de changer d’avis : du téléfilm sur grand écran, quand ce n’est pas plus digne que le film de vacances de tonton Marcel…

Et quand je dis "que dalle", je n’oublie pas, bien entendu, un beau spécimen, à l’image de notre époque, faussement charmant, d’une élégance douteuse, grande gueule devant les nains et veule devant les vrais acteurs : le playboy de lotissement, Jean Dujardin.

Car entre lui et moi, ça ne passe pas ! Qu’il ait commis Brice de Nice ou 99 Francs, je m’en fous et ce n’est pas le pire du cinéma français de ces dernières années.

Non, son "crime" : avoir endossé le rôle de OSS 117. Car là on n’est pas dans le pastiche, la parodie, le second (voire énième) degré bon teint… Ici c’est le mauvais goût fait roi, la suffisance des médiocres décrétée comme un noble art.

Il ne faut pas oublier que pour bien se moquer d’un genre, cinématographique ou littéraire, la règle d’or est avant tout d’aimer ce genre-là. De cette affection naît le détournement juste et précis, la volonté de préserver un état d’esprit. Les James Bond étant déjà en celà de parfaites parodies élégantes et racées du film d’espionnage. Alors que le pauvre Dujardin s’empêtre dans une reconstitution de pacotille et une histoire frôlant la débilité digne d’un Max Pecas (qui lui au moins ne se prenait pas au sérieux…) Et ce OSS-là n’a que faire de la France d’avant qu’il se complaît à mépriser sous le rire gras.

Un bel exemple de parodie ? C’est un film américain (je ne l’ai pas fait exprès !), Young Frankenstein (Frankenstein Junior) de Mel Brooks. Ici, tout y est, comme dans les classiques de la Universal, tics et manies, bande originale comprise, car si on rit, on frémit également. Et chaque plan est une déclaration d’amour au cinéma fantastique des années 40.


frankenstein-junior.jpg

 

 

Mais comme si cela ne suffisait pas, la même équipe d’OSS 117 va récidiver quelques années plus tard avec The Artist : du noir et blanc et du muet… Quelle audace ! A oublier d’urgence pour mieux se "replonger" dans l’insurpassable Singin’ in the rain de Donen.

Et voilà que ces jours-ci est sorti sur nos écrans, le dernier Clooney, The Monument Mens, avec Bill Murray, John Goodman et… Dujardin. Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête du réalisateur de l’excellent Good Night, and Good Luck, pour engager un cabot pareil ? Pourtant le film est plus qu’honnête en renouant avec le rythme et le charme en vogue dans les 60s, le tout sans une once de vulgarité. Enfin presque puisqu’avec Dujardin, cela tient du sacerdoce !

Pour autant ne passez pas à côté de cette savoureuse pellicule, car non seulement il n’est, heureusement pas, de chaque plan, mais surtout il s’en prend "une", ce qui redonne du panache à la dernière partie du film…

Truffaut racontait à propos de de Broca : "Philippe sait que la vie est une blague, que les bureaux sont occupés par de faux adultes qui se prennent pour des ministres, des avocats, des critiques d’art, des anarchistes, des experts-comptables. Il a donc bien raison de ne jamais les filmer assis ou couchés mais cavalcadant à dix-huit images/seconde, toujours en poursuites, toujours en fuite pour échapper à la pesanteur du monde moderne."

 

tendre poulet

Si ces mots pouvaient servir de bréviaire à nos apprentis réalisateurs et comédiens français, à défaut d’épitaphe...

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