Nos lecteurs témoignent

Mme Lucette H., de Plestin-les-Grèves :

Depuis que j'ai découvert Fury Magazine, je ne vais plus à Lourdes.

M. Raymond C., de La Bourboule :
Grâce à Fury Magazine, j'apprends plein de mots compliqués qui me permettent de gagner toutes mes parties de Scrabble contre ma femme Yvonne.

Mme Yvonne C., de La Bourboule :
Oui, c'est vrai que je perds toujours. Mais je me console avec les bons mots de ce sacré comique de Boudurix !

M. Pierre G., dit "Pierrot", de Marseille :
Avant en discothèque, je n'osais pas danser. Mais depuis que je teste chez moi de nouveaux pas sur la "Sélection musicale", je suis le roi de la piste. Une fois, une fille m'a même souri ! J'espère la revoir.

M. Michel T., de Sainte-Eulalie-de-Cernon :
Fury Magazine, c'est un mélange d'humour à la "Fluide Glacial", d'investigation riguoureuse façon "Le Nouveau Détective" et d'excentricité maîtrisée à la "Képi blanc". Sans oublier les fiches Cuisine de "Madame Figaro". Enfin, je crois, je n'ai jamais réussi à me connecter.

M. Benjamin C., de M6 :
Si vous continuez à vous payer ma fiole, je vous envoie mes avocats.

M. Antoine A., de Warneton :
L'autre jour, je n'arrivais pas à trouver mes clefs de voiture. Je me suis dit « Antoine, calme-toi un peu, va donc te détendre sur Fury Magazine ». Mes clefs étaient là, à côté de la souris ! Je n'en reviens toujours pas !

Allez, toi aussi, accepte le bonheur ! Lis Fury Magazine !


Rédaction :
Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie.
GouduriXYZ : déviances en tout genre, coneheads et ragots de mairie.
Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage.
Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.

Retrouvez Fury Magazine sur myspace : http://www.myspace.com/furymag
Et n'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles. Ah, GoudurixYZ me demande d'effacer la dernière phrase)
Vous pouvez également nous retrouver sur Facebook, ici : Fury Magazine sur Facebook (Je ne sais pas vraiment à quoi ça sert, mais il faut vivre avec son temps... En plus, ce n'est jamais mis à jour, c'est Wally Gator qui s'en occupe et il roupille...)

Musique

Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /2007 21:59

Par Hong Kong Fou-Fou

Août 1979. Je me balade en ville avec ma mère. J’ai douze ans, âge auquel on n’a pas encore honte d’être vu avec ses parents (je profite de cette occasion pour vous saluer, papa et maman !). Bref, nous discutons et ma mère me demande ce que je voudrais comme cadeau pour ma fête, toute proche. Comme on passait devant le disquaire Mélodisc (eh oui, à cette époque, on pouvait acheter de la musique ailleurs qu’à la Fnac ou par Internet – je ne parle même pas des grandes surfaces…), elle propose de m’offrir un disque. J’avoue que jusque là, je ne m’intéressais à la musique que par l’intermédiaire de ma sœur, alors étudiante à Montpellier et que je ne remercierai jamais assez pour m’avoir initié à Clash, B-52’s et, comme on va le voir dans quelques lignes, Madness. Bon, il y a aussi eu Boney M et Village People dans le lot, mais je lui pardonne…Les seuls disques que je possédais alors, c’étai
t des 45t pour enfants, Blanche-Neige et compagnie. Bref, je réponds à ma mère « Pourquoi pas ? ». On s’arrête pour jeter un œil dans la vitrine. Je ne me souviens pas des disques qu’on pouvait y trouver mais 1979, ça devait donner "Breakfast in America" par Supertramp, "Highway to Hell" d’AC/DC ou "Regatta de Blanc" par Police. Et puis aussi, un album à la pochette d’une sobriété exemplaire, blanche et noire, montrant en plongée sept musiciens, blancs et noirs eux aussi, en costumes stricts et cintrés, certains arborant lunettes noires ou petits chapeaux sur la tête, fixant tous l’objectif avec une tranquille assurance. Pas de titre d’album. Juste "The Specials" en grosses lettres noires. Dans un coin, le nom du label, 2-Tone.

 


Comme je l’ai dit plus haut, je connaissais déjà Madness grâce à ma sœur , et la pochette que j’avais sous les yeux présentait pas mal de similitudes avec celle du célèbre "One step beyond". Nous sommes donc entrés dans la boutique, pour écouter quelques extraits du disque. Pour les jeunes qui pourraient me lire, c’était l’époque bénie où les disquaires étaient équipés de cabines d’écoute, dans lesquelles vous pouviez éventuellement vous installer avec une pile de disques pour attendre confortablement la fin d’une averse… Bref. La tête de lecture se pose sur le premier sillon du premier morceau de la première face. Et là, c’est la révélation. Je ne suis pas trop branché mysticisme mais pourtant c’est vraiment ça, une révélation, encore appelée "grande claque dans la tronche", le Nirvana, le Walhalla, les trompettes de Jericho, la béatitude, mon âme danse la polka, j’écris n’importe quoi mais vous l’avez compris, dès les premières notes, je suis conquis. Le titre du morceau ? "A message to you, Rudy". Message reçu, je dis à ma maman adorée que c’est ce disque que je veux, et nous repartons bientôt, moi serrant fièrement le précieux objet sous mon bras. Je ne le sais pas encore, mais ma vie vient d’être transformée à jamais. Aujourd’hui encore, ce disque est rangé précieusement avec les nombreux autres qui sont venus le rejoindre au fil des années.

Je ne vais pas faire ici l’historique du label 2-Tone, il existe des tas de livres ou de sites Internet qui l’ont déjà fait, certainement mieux que moi. J’ai juste envie de parler un peu de ce label, de dire ce qu’il a représenté et représente toujours pour moi. Je veux tout simplement lui rendre hommage. 2-Tone, c’est l’œuvre d’un seul homme, Jerry Dammers, connu pour son sourire édenté. En 1977, le punk déferle sur l’Angleterre. Exit les baba-cool et leur rock progressif avec ses morceaux qui durent 17 minutes. Place à l’énergie brute. On ne sait pas jouer mais qu’importe. Les morceaux sont très courts, moins de deux minutes, la musique est efficace, sans fioriture. Parmi l’incroyable quantité de groupes qui vont apparaître à cette époque, et dont la majorité tombera rapidement dans l’oubli, certains vont savoir se démarquer du genre somme toute limité du punk. On peut citer bien sûr les Clash, mais aussi les Jam de Paul Weller, responsables du revival mod de la fin des années 70, et, donc, les Specials. Ils se sont d’abord appelés "The Automatics", puis "Coventry Automatics", "Special AKA" et, enfin, "The Specials". Formés en 1977, le groupe démarre sur les chapeaux de roue, grâce au soutien de Bernie Rhodes et Joe Strummer, respectivement manager et leader des Clash, qui lui offrent la possibilité de faire la première partie de leur tournée US. Malheureusement, le mélange reggae-punk des futurs Specials passe mal auprès du public. Retour à la case départ. Les répétitions s’intensifient. Jerry Dammers, influencé aussi bien par la culture des rude boys jamaïcains que par les mouvements mod et skinhead, va créer le look "ska", qui va devenir l’uniforme imposé de milliers d’adolescents britanniques : lunettes noires, chapeau à bord étroit ("pork pie hat"), costume sombre trois boutons, Doc Martens. Il va créer le label 2-Tone, sur le modèle de Motown. Le petit personnage qui deviendra le logo du label, baptisé Walt Jabsco, est inspiré par une photo de Peter Tosh sur un vieil album des Wailers. Le premier single qui sort sur 2-Tone, c’est "Gangsters", une reprise d’un célèbre morceau de ska jamaïcain des Sixties, "Al Capone" par Prince Buster. Les caisses sont vides, le groupe n’a même pas de quoi enregistrer la face B. Qu’à cela ne tienne, elle est proposée à un groupe ami, The Selecter, qui vont graver un instrumental exceptionnel. A partir de là, les choses s’enchaînent très vite : le disque passe à la radio, "Gangsters" grimpe dans les charts, les Specials passent à Top of the Pops. 2-Tone signe son premier groupe, les Selecter, bientôt suivi par les sympathiques Madness. Un accord de distribution est trouvé avec Chrysalis. La vague 2-Tone se répand, d’abord sur l’Angleterre, puis l’Europe et le monde entier. Les damiers noir et blanc sont partout. On peut trouver des cigarettes 2-Tone, les membres de Madness sont mis en scène dans des comics, c’est du délire.

Dans les écoles britanniques, les classes sont partagées en deux : il y a ceux qui ont adopté le look skin/mod et qui portent fièrement les couleurs de 2-Tone, et ceux qui écoutent du hard rock. Les cours de récréation se transforment en champs de bataille. Pour se faire une idée de l’impact qu’a pu avoir ce label, il suffit de faire les vide-greniers, même au fin fond d'un bled de la France profonde. Dans les cartons de disques en plus ou moins bon état, vous trouverez toujours, mal entourés par "La bonne du curé" d’Annie Cordy ou "Beat it" de Michael Jackson, un 45t des Specials ou de Madness.

2-Tone n’a pas duré longtemps, quatre ou cinq ans maximum. Je ne m’attarderai pas sur le déclin du label. Une partie des membres des Specials a quitté le groupe pour fonder les Fun Boy Three et petit à petit l'impact du label s'est effrité. Mais qu'importe, 2-Tone nous a donné trente 45t et treize albums, parmi lesquels certains resteront des chefs-d'oeuvre inégalés. Il reste le label qui m’a donné envie de découvrir la musique noire, le ska, le reggae, la soul. C’est grâce à lui qu’aujourd’hui je roule en Vespa ou que je porte un Harrington. Peut-être que si je n’avais jamais croisé Jerry Dammers et sa bande, mes seules implications dans la musique, ce serait d’aller à Auchan acheter la dernière compile "Ibiza Power" ou "Super Tuning". Peut-être… Peut-être pas… Mais dans le doute, j’adresse un putain de grand merci aux Specials et à Madness. Et allez, comme il y a "quelques" années en arrière, fuck the rockers !


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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /2007 13:25
Par Hong Kong Fou-Fou

Lava Records est né en 2003 de la passion de trois copains pour la musique noire, particulièrement le ska et le reggae de la période 1962-1972. Collectionner les disques, c'est bien. Organiser des soirées, animer des émissions de radio, en gros faire vivre ce genre musical, c'est mieux ! Ne pas se contenter d'être spectateur, mais passer de l'autre côté de la barrière et devenir acteur.

A l'origine, Lava Rds devait être un label consacré uniquement à des rééditions de 45t introuvables, sortis trente ou quarante ans auparavant sur des labels anglais ou jamaïquains. L'idée, c'était de proposer une alternative aux jeunes fans de reggae qui ne pouvaient se procurer cette musique que sur support CD ou qui étaient obligés de vendre un rein pour s'offrir le pressage original sur un site de ventes aux enchères.

Le premier 45t sort en 2004, il s'agit d'une réédition d'un morceau de Dave Barker sorti en 1975 sur Jama Records. Les 500 copies pressées se vendent bien, mais le staff Lava réalise néanmoins que le public préfère acheter des nouveautés plutôt que du "réchauffé" (personnellement, je ne comprends pas, mais bref !!!...). L'équipe est à cette époque rejointe par un quatrième reggae-addict, qui mieux est infographiste et musicien talentueux, qui a en sa possession une maquette des Soulsteppers, un groupe de San Diego en Californie, qui a déjà un album à son actif mais qui a splitté pour cause de divergences musicales entre certains membres. Les nouveaux Soulsteppers sont un duo, qui produit un skinhead reggae incroyablement proche du modèle original.

La solution est là : produire les Soulsteppers permet à Lava d'apporter de la nouveauté tout en conservant intacte sa ligne directrice "puriste" et "élitiste". Pas question en effet de sortir un disque d'un groupe de ska moderne dont la musique aurait plus sa place comme fond sonore à la Foire du Trône.

En 2005 sort donc le deuxième Lava, avec "Death comes" par les Soulsteppers. Là encore, les 500 copies pressées s'envolent rapidement aux quatre coins de la planète.

Le troisième 45t est attendu prochainement, avec un léger changement de cap, puisqu'il s'agit certes toujours des Soulsteppers mais cette fois-ci avec un morceau de funk au rythme envoûtant, qui ferait danser un galérien avec les fers aux pieds.

La fréquence des productions est faible, tout simplement pour des raisons financières mais aussi des contraintes de temps. Le label, c'est un hobby, pas une activité principale ! C'est également une manière de rendre hommage aux grands labels de reggae qu'étaient Trojan et Pama dans les années 60-70.

Et en bonus, un extrait de la fiche technique du premier 45t Lava :


- Le projet discographique LAVA -


L’inspiration musicale majeure qui nous anime provient des arts et expressions culturelles d’influences africaines. La plus représentative d’entre elles est sans aucun doute la culture jamaïcaine :

 

 Ce parti pris, réside dans la croyance en un peuple, fondateur de la plus prolifique génération de musiciens que l’histoire de la musique populaire moderne ait jamais connue. C’est pourquoi le projet LAVA* se veut le reflet de la création musicale en vogue dans les années 60 et 70 et tout particulièrement en ce qui concerne la période allant de 1967 à 1972, dénommée communément « early popular reggae music ».

 

 Nous proposons, à travers une relecture sonore des œuvres les plus recherchées de ce répertoire, un catalogue discographique spécialisé sous le format original, 45 tours « collector » vinyle.

 

Le premier single réalisé comporte deux titres obscurs, sélectionnés pour leurs rythmiques typiquement « skinhead reggae », du nom de ces jeunes Anglais qui ont été les premiers fans de ce nouveau genre musical introduit dans leur pays par les migrants jamaïcains" :

 

1. Heavy Boomerang de Dave Barker & Ansel Colins.

2. It’s not possable - Dynamic Allstars.


Editeur : ALJAMA DISCS 2004 - Edition limitée à 500 exemplaires

 


* Le nom LAVA est un hommage au labels discographiques édités à partir des années 60, par les producteurs anglo-jamaïcains pour le jeune public britannique au même titre que d’autres productions tel que « Punch », « Clink », « Doctor Bird », « Black Swan »,  « Blue cat », « Bamboo » ou « Torpedo »… 

 

  
Dave & Ansel Collins, souvent considérés à tort comme deux frères, ont marqué de leur sceau indélébile la musique jamaïcaine, au cours d’une collaboration fructueuse, bien que de très courte durée.

 

Ansell Collins est né le 16 avril 1948 à Kingston, Jamaïque. Dave Barker (de son vrai nom David John Crooks, et non pas David Collins comme on peut le lire parfois !) est né le 10 octobre 1947 à Kingston, Jamaïque. Dave Barker faisait partie du trio vocal The Techniques (les deux autres membres étant Pat Kelly et Bruce Ruffin, deux pointures qui ont par la suite fait la carrière solo que l’on sait). Après avoir quitté le groupe, Dave a travaillé quelque temps pour Lee Perry. Il a enregistré sous son propre nom « Shocks of mighty », avec les Upsetters. L’album « Prisoner of Love » est sorti en 1970, permettant à Dave de montrer les diverses facettes de son talent, aussi bien en tant que chanteur qu’en tant que toaster. Winston Riley, qui présidait à la destinée des Techniques, a été le facteur déclenchant de la collaboration entre Dave Barker et Ansel Collins.

 

Une collaboration qui se fera d’ailleurs dans un premier temps sans le moindre contact physique entre les deux artistes : Ansel Collins (claviers) et Sly Dunbar (batterie) avaient enregistré ensemble deux morceaux au studio Dynamic. Ils avaient besoin d’argent et Winston Riley, qui passait par là au bon moment, leur a acheté les droits des morceaux pour une bouchée de pain (en fait, existe-t-il dans la musique jamaïcaine des morceaux qui ne se soient pas monnayés pour des clopinettes ?). Les deux morceaux étaient des instrumentaux, baptisés « Double barrel » et « Monkey Spanner ». Winston Riley est allé voir Dave Barker pour lui demander de chanter sur ce titre. Dave a accepté et les compères se retrouvèrent au studio de Jo Gibbs pour ajouter la voix sur la partie instrumentale déjà enregistrée. Dave Barker se souvient avoir eu des difficultés au début à s’adapter à la musique. C’est le frère de Winston Riley qui lui a donné un coup de pouce, en conseillant à Dave de penser à « quelque chose de grandiose, comme James Bond, comme l’agent Double O-O-O ». Le résultat, c’est bien sûr 'I am the magnificent, I am the man from W-O-O-O'.

 

Le morceau a été un succès éclatant, se maintenant à la première place des charts anglais pendant deux semaines en mars 1971 et parvenant même à être l’un des premiers titres de reggae à rentrer dans les charts américains, atteignant la 22ème place au Billboard. Leur disque suivant, « Monkey Spanner », s’est hissé à la 7ème place des charts anglais. Malgré ce démarrage foudroyant, la collaboration entre Dave et Ansel Collins a été éphémère. Ils ont enregistré un album chez Trojan, « Double Barrel ». Ansel Collins a continué à travailler comme musicien de session pour divers labels de reggae jamaïcains, tandis que Dave Barker est parti s’installer en Angleterre, où il a chanté pour divers groupes de soul. Il a également enregistré le titre « Smooth and Sorts » (crédité à Dave Collins !!!), sorti sur Rhino en 1972, opération commerciale pour profiter de l’apparition des smoothies, issus du mouvement skinhead, lui-même largement honoré par de nombreux artistes de reggae en 1970. Le duo s’est reformé brièvement en 1981, sans grand succès.

 

Le morceau que nous rééditons ici, « Heavy Boomerang », est sorti à l’origine sur le label Jama sous la référence JAMA002. Jama est un label basé à Brixton, qui a sorti une cinquantaine de singles et cinq albums entre 1975 et 1980. Bien que daté de 1975, « Heavy Boomerang » est vraisemblablement un ancien enregistrement de Dave Barker et Ansel Collins qui était resté inédit et qui date plutôt du tout début des années 70. Il est tout à fait caractéristique du style skinhead reggae en vogue à l’époque, aussi bien par le style du chant que par sa ligne d’orgue énervée.

 

                            

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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /2007 16:37

Par Hong Kong Fou-Fou

A l'heure où les grands noms du R'n'B mordent la poussière (derniers en date, James Brown et Luther Ingram), où le genre même du R'n'B est galvaudé par des chanteuses dont le seul talent est de savoir secouer lascivement un popotin aux formes attrayantes, l'arrivée d'une artiste comme Amy Winehouse est une sacrée bouffée d'oxygène. En fait, elle a débarqué sur la scène musicale londonienne il y a plus de trois ans, mais n'a rencontré le succès que très récemment. Le titre de son nouvel album, « Back to black » annonce clairement (sans mauvais jeu de mots...) la couleur : Amy Winehouse est la digne représentante d'un R'n'B à l'ancienne. Sa voix est incroyable de puissance et de chaleur. Elle ne cache pas son admiration pour les all-girl groups des Sixties comme les Shangri-La's ou les Crystals. Influences rétros, donc, mais les deux pieds ancrés dans le présent, puisque la demoiselle a de nombreuses connections avec la scène hip-hop.

La musique est intéressante, mais le personnage l'est tout autant : volumineuse crinière brune sur la tête, les bras couverts de tatouages que ne renieraient pas des dockers sur un quai brumeux, robes années 50 et chaussures à hauts talons léopard, la jeune Anglaise ne passe pas inaperçue. On est loin des artistes-bimbos fabriquées à la sauce MTV. Elle picole, elle jure comme une poissonnière, le sexe est un thème récurrent de ses chansons, elle oublie ses textes en plein direct à la télévision, elle insulte le public. Elle a érigé la grossièreté au rang d'art ! Mais qu'importe ses frasques : elle vient de remporter un Brit Award, dans la catégorie « artiste solo féminin »,

Autre qualité de cette lady de la soul : elle adore les Specials, reprenant même certains de leurs morceaux en concert. Une seule chose me turlupine : d'après ses interviews, il semblerait qu'elle aime les Specials parce que, comme elle, ils sont issus du quartier de Camden Town, au nord de Londres. Heu, excuse-moi Amy, mais tu ne confonds pas avec Madness ? Les Specials, c'est Coventry...

Discographie : son premier album, « Franck », n'est pas sorti en France, les gros bonnets d'Universal, les tympans engorgés par les bouses qu'ils produisent habituellement, n'en voyant pas l'intérêt. Le second, « Back to black », est disponible dans toutes le bonnes crémeries.

 

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Un conseil pour les utilisateurs de YouTube : outre les clips de miss Amy, on y trouve également quelques fantastiques reprises, notamment en duo avec Paul « Modfather » Weller himself !
 

 

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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /2007 17:56
Par Hong Kong Fou-Fou

Ocean Colour Scene sort un nouvel album le 30 avril. Un single, « I told you so », est déjà disponible. L'occasion parfaite pour parler un peu de ce groupe trop méconnu en France. Et pourtant, OCS est loin de n'être que l'un de ces innombrables groupes de brit-pop qui ont essaimé un peu partout en Angleterre dans les années 90 et dont la plupart n'ont eu qu'une carrière éphémère. Jugez un peu : huit albums studio, quatre albums live ou compilant des faces B, d'innombrables singles, dont onze dans le Top 20 britannique, le morceau « Hundred Mile High City » choisi par Guy Ritchie pour figurer dans la B.O. de « Arnaques, crimes et botanique », des centaines de concerts un peu partout à la surface du globe...

Le groupe est né à Birmingham au début des années 90, avec comme influence principale les Stone Roses. Le premier album sorti en 1992, sobrement intitulé « Ocean Colour Scene », n'obtient qu'un accueil mitigé. Le second par contre, « Moseley Shoals », se hisse à la deuxième place des charts UK (1996). Le groupe va encore plus loin avec le troisième, « Marchin' already », puisqu'il détrône Oasis et son « Be here now » de la première place (1997). Le groupe est acclamé par tous les critiques musicaux (OK, ce n'est pas toujours une référence...), Noel Gallagher lui-même avoue qu'à ses yeux OCS représente le groupe parfait et qu'il rêverait d'en faire partie...


Malheureusement, le mouvement brit-pop retombe comme un soufflé au fromage qui a trop attendu, et, même si la qualité de la musique reste la même, les albums suivants dégringonleront à chaque fois un peu plus dans les classements.

Pourtant le groupe ne baisse pas les bras, malgré quelques tensions en son sein qui entraînent quelques changements dans sa composition. Aujourd'hui, le noyau dur est constitué de Simon Fowler (chant/guitare), Steve Cradock (guitare) et Oscar Harrison (batterie).

Le groupe se réclame de l'imagerie mod, Steve Cradock par exemple est un grand amateur de scooters Lambretta. Il ne faut pas oublier également qu'il est le guitariste du modfather en personne, Paul Weller. OCS a enregistré avec de nombreuses icônes des Sixties et/ou de la scène mod : la chanteuse de soul P. P. Arnold, le tromboniste jamaïcain Rico Rodriguez, Mick Talbot (ex- Merton Parkas, ex-Style Council, qui joue d'ailleurs actuellement avec l'ancien bassiste d'OCS, Damon Minchella, dans le groupe jazz/funk The Players). OCS a participé à de nombreux concerts en hommage aux Small Faces, Damon Minchella a tenu la basse pour les Who lors d'une récente tournée, bref je crois que la filliation est évidente. Sans oublier l'un des logos du groupe, le poing noir serré emprunté à la Northern Soul.

Et aujourd'hui arrive donc ce nouvel album (j'ai failli écrire 33 tours, purée j'ai du mal à m'adapter à mon époque moi...), « On the leyline ». Je ne l'ai évidemment pas encore écouté en entier mais je peux d'ores et déjà affirmer qu'il restera dans la lignée des précédents, avec une pop simple et efficace, mâtinée de soul, toujours la même passion, la même sincérité, des morceaux attachants avec des textes qui parlent du quotidien, dans lesquels chacun peut se reconnaître. Le single est excellent, Paul Weller a composé le très heu... wellerien... « For dancers only » (et encore une référence, une !). Pour les sceptiques, je ne peux que conseiller un petit passage sur leur site officiel, où l'on peut écouter des extraits de plusieurs morceaux. Et surtout, si vous avez l'opportunité d'assister à l'un de leurs concerts, ne la laissez pas passer, c'est sur scène qu'OCS est le meilleur !

Top 5 personnel :
1. Travellers tune
2. Give me a letter
3. Free my name
4. Profit in peace
5. I told you so

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Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /2007 10:13
Par Wally Gator

Nous sommes en 1983 à Kingston Upon Hull, une ville de la côte Est britannique. L’Angleterre est dirigée par Margaret Thatcher. Ces opposants sont nombreux. Parmi eux, on peut trouver le jeune Paul Heaton. Après avoir essayé bien des métiers sans aucune conviction, il est désormais bien décidé à se consacrer à temps plein – riche idée – à la seule occupation qui l’intéresse vraiment : la musique. Il recrute trois compagnons : les Housemartins voient le jour. Ce drôle nom est une idée de Heaton inspirée par son auteur favori, Peter Tinniswood, qui utilise souvent des métaphores à base d’oiseaux (Housemartins désignant une variété d’hirondelle).

 

Lorsque j’entends pour la première fois un morceau des Housemartins (l’incontournable "Happy Hour"), au début de l’année 1988, c’est un double choc. Non seulement je découvre une sonorité unique mais j’apprends dans la foulée que le groupe n’existe plus : ils se sont séparés quelques mois auparavant (novembre 1987). Je me renseigne un peu plus et rapidement je m’aperçois que le groupe n’a fait que trois albums. Quelle aubaine pour ma bourse de lycéen : une intégrale à pas cher !!! « London 0 – Hull 4 », « The people who grinned themselves to death » et le double « Now that’s what I call quite good » trouvent une place de choix dans ma chambre et rejoignent très rapidement la catégorie des disques dont on ne se lasse pas et qui tournent en boucle. Je me réveille avec, je vis avec, je m’endors avec et j’en rêve la nuit. Des mélodies fraîches couplées à la voix époustouflante de Heaton : le cocktail est terriblement efficace. Les messages franchement engagés me passent très largement au dessus de la tête. Et pourtant, ils figurent en bonne place sur les pochettes. Comment rater le « Don’t try gate crashing a party full of bankers. Burn the house down ! » ou bien encore « Take Jesus, Take Marx, Take hope » ? Mais tout ceci est bien le cadet de mes soucis : leur musique est bonne et cela me suffit largement. Tous les morceaux sont bons, tant et si bien qu’il m’est absolument impossible de me livrer au jeu du « mon morceau préféré ». Du superbe a capella « Caravan of Love » au sublime « Me and the farmer » en passant par l’extraordinaire « The World on fire », Heaton et sa clique ont réussi en trois albums à créer un style bien particulier : the ‘Martins sound. Et ce style marche ! Pourtant, en cette fin de décennie, la concurrence est rude sur le marché de la brit’pop : The Smiths, Lloyd Cole and the Commotions pour ne citer qu’eux… Enfin, bref, trois albums, cela reste trop peu et la satisfaction d’avoir pu acquérir en peu de temps l’intégralité de leur œuvre est très vite remplacée par la frustration de n’avoir plus rien à attendre d’eux. Mais ce que je ne savais pas encore, c’est que l’ami Heaton me préparait une belle surprise. Quelques mois plus tard, « Song for whoever » des Beautiful South me trottait dans la tête… Norman Cook, l'éternel dissident, embrassait quant à lui la musique électronique pour devenir Fat Boy Slim...

 

« London 0 – Hull 4 », Go ! Disc, 1986

The Housemartins are : P.d. Heaton, Hugh Whitaker, Stan Cullimore, Norman Cook

 

« The people who grinned themselves to death », Go ! Disc, 1987

The Housemartins are : P.d. Heaton, Dave Hemingway, Stan Cullimore, Norman Cook

 

« Now that’s what I call quite good », Go ! Disc, 1988

The Housemartins are : P.d. Heaton, Norman Cook, Stan Cullimore, Dave Hemingway, Ted Key, Hugh Whitaker

Par Wally Gator - Publié dans : Musique
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