Nos lecteurs témoignent

Mme Lucette H., de Plestin-les-Grèves :

Depuis que j'ai découvert Fury Magazine, je ne vais plus à Lourdes.

M. Raymond C., de La Bourboule :
Grâce à Fury Magazine, j'apprends plein de mots compliqués qui me permettent de gagner toutes mes parties de Scrabble contre ma femme Yvonne.

Mme Yvonne C., de La Bourboule :
Oui, c'est vrai que je perds toujours. Mais je me console avec les bons mots de ce sacré comique de Boudurix !

M. Pierre G., dit "Pierrot", de Marseille :
Avant en discothèque, je n'osais pas danser. Mais depuis que je teste chez moi de nouveaux pas sur la "Sélection musicale", je suis le roi de la piste. Une fois, une fille m'a même souri ! J'espère la revoir.

M. Michel T., de Sainte-Eulalie-de-Cernon :
Fury Magazine, c'est un mélange d'humour à la "Fluide Glacial", d'investigation riguoureuse façon "Le Nouveau Détective" et d'excentricité maîtrisée à la "Képi blanc". Sans oublier les fiches Cuisine de "Madame Figaro". Enfin, je crois, je n'ai jamais réussi à me connecter.

M. Benjamin C., de M6 :
Si vous continuez à vous payer ma fiole, je vous envoie mes avocats.

M. Antoine A., de Warneton :
L'autre jour, je n'arrivais pas à trouver mes clefs de voiture. Je me suis dit « Antoine, calme-toi un peu, va donc te détendre sur Fury Magazine ». Mes clefs étaient là, à côté de la souris ! Je n'en reviens toujours pas !

Allez, toi aussi, accepte le bonheur ! Lis Fury Magazine !


Rédaction :
Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie.
GouduriXYZ : déviances en tout genre, coneheads et ragots de mairie.
Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage.
Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.

Retrouvez Fury Magazine sur myspace : http://www.myspace.com/furymag
Et n'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles. Ah, GoudurixYZ me demande d'effacer la dernière phrase)
Vous pouvez également nous retrouver sur Facebook, ici : Fury Magazine sur Facebook (Je ne sais pas vraiment à quoi ça sert, mais il faut vivre avec son temps... En plus, ce n'est jamais mis à jour, c'est Wally Gator qui s'en occupe et il roupille...)

Cinéma et TV

Dimanche 4 mars 2007
Par Hong Kong Fou-Fou


En caricaturant à l'extrême, il est globalement possible de classer la production cinématographique actuelle en deux grands genres : d'un côté, les drames psycho-socio-intellos (grande spécialité des Français). Exemple de script : l'action (ou plutôt l'inaction) se passe au Havre, une jeune employée de la Poste tombe follement amoureuse d'un jeune chômeur issu de l'immigration. Le père de la jeune fille, veuf et alcoolique, s'oppose à cette idylle. Le jeune homme, passionné de danse classique, veut devenir danseur étoile. Ses copains de la cité lui tournent le dos, sa propre famille le renie. Tout le film n'est qu'une succession de monologues (la jeune fille lit d'une voix atone son journal intime, le jeune homme parle à son miroir en se rasant le matin), de face-à-faces (le jeune homme avec la jeune fille, la jeune fille avec son père, le jeune homme avec le père de la jeune fille), ponctués de silences pesants - seulement troublés par les ronflements de la poignée de spectateurs présents dans la salle. Un peu de mouvement, quand même : une bande de nazillons agresse le jeune homme, un matin sur la plage, jetant à l'eau son justaucorps et autres affaires de danse. La mer est grise et froide, les mouettes tournoient en piaillant sinistrement. A genoux dans le sable, le jeune homme regarde par-delà l'horizon. Qu'importent ces abrutis ivres de bière, il ira jusqu'au bout de son rêve. Que d'émotions... A la fin, soit le père se révèle atteint d'un mal incurable et il se résout à ne pas s'opposer au bonheur de sa fille, soit la jeune fille meurt du Sida, le père et le jeune homme se jettent dans les bras l'un de l'autre, pleurant de concert sur leur funeste destin. Le spectateur ressort de la salle abattu ou, dans le meilleur des cas, ensommeillé. Pour peu qu'il ait reçu sa feuille d'impôts le même jour, c'est la dépression garantie...

       De l'autre, les gros blockbusters à l'américaine. Exemple de script : une jeune femme peroxydée, serveuse dans un Burger King de Berveley Hills tombe follement amoureuse d'un joueur de foot à la musculature puissante et à l'humour super humoristique. Le père de la jeune fille, gros bonnet de la pègre, s'oppose à cette idylle. Tout le film n'est qu'une succession de poursuites en voitures, de fusillades (le jeune homme abat d'une seule rafale la bande de gros bras que le père de la jeune fille avait envoyés pour l'éliminer, il abat d'une seule rafale une bande de terroristes qui voulaient saboter la finale du Super Bowl, il abat d'une seule rafale la bande d'extraterrestres qui voulaient contrôler notre planète). Dans la salle, les réflexions graveleuses fusent à chaque apparition à l'écran de la jeune fille, dont le chemisier échancré cache difficilement d'ambitieuses prothèses mammaires. A la fin, le jeune homme et le père de la jeune fille vident des canettes de Budweiser ensemble, en se flanquant de grandes tapes dans le dos. Au passage, le jeune homme est décoré pour avoir éradiqué les menaces intégriste et extraterrestre (en fait, les intégristes ce sont des extraterrestres, non ?). Le spectateur ressort de la salle surexcité. Il rentre chez lui en grillant tous les feux rouges au volant de sa 205 Peugeot "Tuning Touch".

       Entre ces deux extrêmes désolants, on trouve heureusement tout un tas de films épatants. "Kill Bill" est l'un d'eux. Sans prétention, sans masturbation intellectuelle, sans concessions commerciales. Tarantino nous offre un spectacle purement récréatif, jubilatoire. Ses détracteurs l'accusent d'avoir pillé le film de sabre asiatique, le western spaghetti, le film de blaxploitation. Et alors ? Lui au moins ne s'en cache pas. Et s'il puise dans des oeuvres des quarante dernières années, c'est avant tout pour leur rendre hommage. Il n'y a qu'à voir le programme du festival qu'il organise (ou organisait ?) chaque année pour se convaincre qu'il est un authentique cinéphile, exhumant de vieilles bobines oubliées pour leur faire l'honneur d'une nouvelle projection sur grand écran (voir à l'adresse suivante : http://www.tarantino.info). On lui reproche également l'excès de violence, omniprésente tout au long du film. Soit, le film est violent. Mais sa violence n'est pas glauque, parce que pas crédible. Le sang qui s'échappe en geysers à chaque coup de sabre est bien rouge, la pression artérielle excellente, on s'étripe allègrement, mais entre gens en bonne santé ! Et surtout, entre gens du même milieu, entre tueurs, yakusas et autres assassins. Aucun risque qu'un passant (un simple pékin, suis-je tenté d'écrire...Hum...) reçoive un coup de katana perdu.

 

     Et cette bande originale ! Une fois de plus, Tarantino montre que sa culture musicale est presque aussi étendue que sa culture cinématographique. Il réunit quelques perles de la soul, du funk, du rock, du hip hop pour faire une B.O. qui décoiffe. Sérieusement, qui à part lui oserait accompagner un duel au sabre par une musique de western ? Qui oserait utiliser la musique du générique du "Frêlon Vert" ("Green Hornet" aux USA), cultissime et kitchissime série TV des Sixties, qui a lancé la carrière de Bruce Lee qui y interprétait le rôle de Kato, personnage masqué dont Tarantino s'est inspiré pour le look des Crazy 88 ? Qui oserait ouvrir son film sur le logo de la "Shaw Brothers", suivi d'un vieux proverbe klingon ? Qui pourrait oser faire ça sans paraître ridicule ou racoleur ? Personne, et c'est peut-être pour cela que Tarantino est jalousé, envié, critiqué, lui qui nous livre un film au rythme endiablé, chapitré comme il se doit chez lui, bourré de références truculentes.

 

         Une autre qualité de Tarantino : la fidélité envers les acteurs. A l'heure où la plupart des films se montent sur la renommée de la star qui jouera dedans, lui impose des acteurs en perte de vitesse ou ayant carrément sombré dans l'oubli. Il a ainsi permis à John Travolta de relancer sa carrière avec "Pulp Fiction" ; il a offert le rôle titre de "Jackie Brown" à Pam Grier, star de la blaxploitation des années 70 avec des oeuvres comme "Scream, Blacula, scream !", "Coffy, la panthère noire de Harlem" ou "Foxy Brown". Dans "Une nuit en enfer" (réalisé par Robert Rodriguez sur un scénario de Tarantino, qui joue également dans le film) apparaissent des figures du cinéma de quartier des années 70 et 80, comme Fred Williamson, acteur noir de légende ("Black Caesar", "Boss Nigger", "Hell up in Harlem", etc...) ou Tom Savini, acteur mais également maquilleur et créateur d'effets spéciaux, pour G. Romero notamment. Dans "Kill Bill", le miraculé est bien sûr David Carradine, disparu des écrans depuis 1990, à une poignée de petits rôles près. Tarantino profite également de l'occasion pour honorer Sonny Chiba, vedette de plusieurs dizaines de productions des studios japonais Toei. Non content d'incarner le maître d'armes Hattori Henzo, c'est également lui qui a réglé une grande partie des combats du film. A noter au passage qu'il était déjà question de Sonny Chiba dans "True Romance", écrit par Tarantino, puisque Clarence et Alabama se rencontrent dans un cinéma où ils vont voir la série des "Street Fighter".

 

        En conclusion, Tarantino est un cinéaste sincère, passionné, dénué de tout snobisme, qui a assimilé une sous-culture dénigrée par les intellos (les films de genre des années 70, les comics, la musique black, etc...) et l'a passée au mixer de son imagination débridée (ce qui peut sembler paradoxal pour un film d'arts martiaux... Re-hum...) pour nous livrer un cinéma dont la seule prétention est de procurer du plaisir au spectateur. Et pour si bien atteindre ce but, je lui tire mon chapeau.

Par Hong Kong Fou-Fou
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Vendredi 23 mars 2007

300

Par Hong Kong Fou-Fou

Gamin, j’avais été littéralement envoûté par le film « La bataille des Thermopyles » (« The 300 Spartans », de Rudolph Maté, produit en 1962), qui raconte donc, comme aujourd’hui tout le monde le sait, le sacrifice de 300 hoplites spartiates pour ralentir la progression de l’armée perse, forte de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, lancée par Xerxès à la
conquête de la Grèce. J’avais été d’autant plus envoûté que, lors de la diffusion de ce film à la télévision, ce devait être au milieu des années 70, j’étais âgé de 8 ou 9 ans et je n’avais pas le droit de regarder la télé, sauf le mardi soir, et pas plus tard que 21h30. Ce qui fait que j’étais parti me coucher sans savoir ce qu’il allait advenir du courageux roi Léonidas et de ses vaillants soldats. Pour moi, il était impensable qu’ils ne sortent pas vainqueurs de leur juste combat contre l’envahisseur. Ce n’est que plus tard, en cours d’histoire vraisemblablement, que j’ai découvert le funeste destin qui attendait les défenseurs du défilé des Thermopyles.

 

Cet épisode de l’Antiquité est resté gravé dans ma mémoire. J’ai toujours nourri une admiration pour la cité de Sparte. Lorsque, toujours gamin, je suis parti en Grèce avec mes parents, j’étais surexcité à l’idée de visiter la ville. Je me sentais vraiment imprégné par son histoire, même s’il fallait quand même faire preuve d’imagination : contrairement au reste du Péloponnèse, les vestiges y sont rares. Les Spartiates étaient de grands soldats, pas de grands bâtisseurs.

 

Trente ans plus tard, je trouve le DVD du film dans le bac « Bonnes affaires » d’une quelconque grande surface (traduire « Bonnes affaires » par « Films dont personne ne veut »… Eh oui, on préfère se jeter sur « Mortal Kombat », « Taxi » ou autres débilités…). Bref, je visionne le film le soir même, et l’impact de cette épopée est toujours aussi fort.

 

A peu près à la même période, des amis m’offrent la bande dessinée « 300 », de Frank Miller. Nouvelle grosse claque ! Je ne suis pas un fan absolu du style de Miller, mais son trait brut et efficace, le découpage vertigineux des planches, le rythme du récit, font de cet album une réussite totale. Miller n’a pas cherché à respecter scrupuleusement les faits historiques, il donne plutôt son interprétation de la bataille des Thermopyles, en y ajoutant même de petites touches de fantastique.

 

Il va sans dire que j’attendais impatiemment la sortie de l’adaptation cinématographique de la BD par le réalisateur Zack Snyder, d’autant plus que celle de « Sin City » m’avait déjà bluffé par sa qualité. Je savais que Miller ne laisserait pas des ronds-de-cuir d’Hollywood massacrer son œuvre.

 

Eh bien je n’ai pas été déçu. Le film est une réussite totale. Il est d’une fidélité absolue à la BD.  Les dialogues sont identiques à la virgule près, les acteurs présentent une ressemblance incroyable avec les personnages imaginés par Miller. Visuellement, c’est réellement époustouflant ! Ce n’est pas un film, c’est la bande dessinée qui a été animée. On retrouve son atmosphère sombre, oppressante. Le ciel est bas, nuageux ; la mer qui borde le défilé est démontée ; il n’y a pas d’arbres ou de plantes, que de la rocaille ou des cadavres. Les seules notes de couleur sont apportées par les capes rouge écarlate des guerriers grecs.

 

Ce film, comme la BD dont il est tiré, est une ode vibrante à la gloire de ces Spartiates animés par des valeurs qui paraissent aujourd’hui désuètes, voire ridicules, aux yeux de notre société moderne, dans laquelle on peut se faire égorger dans la rue sans que quiconque ne lève le petit doigt : le courage, l’esprit de sacrifice, l’honneur. Il y aura même toujours des esprits chagrins pour juger le message réactionnaire, pour dire que ces Spartiates, c’étaient surtout des fascistes. Des fascistes, certes, mais dotés d’une sacrée paire de couilles !

Par Hong Kong Fou-Fou
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Vendredi 8 juin 2007
Par Hong Kong Fou-Fou

Disons-le sans ambages, ne tournons pas autour des quatre chemins : Tarantino est un génie ! Et tant pis pour ses détracteurs, ils se fatigueront avant lui. Il est amusant d'ailleurs de constater que des détracteurs, il en a un peu partout. Aussi bien du côté des intellos à lunettes cerclées qui défendent avec un pincement de nez outré le cinéma d'art et essai (essayer quoi ? De ne pas s'endormir ???) que du côté des adeptes des multiplexes/usines à divertissement où ils vont voir le dernier blockbuster de la saison en se gavant de pop-corn, une casquette de baseball solidement vissée sur un crâne qui sonne creux (pour le coup, moi, j'espère m'endormir !...). Les premiers reprochent à Tarantino le mauvais goût et la prétendue violence gratuite, les seconds jugent ses films un peu ringards à l'ère du tout numérique. Mais ce n'est pas grave, ses films s'adressent aux amoureux d'un certain cinéma aujourd'hui disparu, dédaigneusement baptisé "cinéma bis" par les chantres du "vrai" cinéma, à ceux qui vibrent d'excitation lorsque Blondin, Tuco et Sentenza s'affrontent longuement du regard avant de faire aboyer leurs colts, à ceux qui blêmissent de rage lorsque l'astronaute Taylor stoppe son cheval devant une statue de la Liberté ensablée, à ceux qui frémissent de désir lorsque surgit la sauvage Loana, vêtue d'un bikini en fourrure (naaaan tas de moules, pas la blondasse décérébrée de M6...) . Et si tout ça ne vous dit rien, passez votre chemin, il y a de la place pour tout le monde, il y a sûrement un nouveau Michael Youn ou un Jean-Luc Godard à aller voir. Notez bien, on a le droit de ne pas aimer, on a le droit de critiquer, mais il faut le faire pour de bonnes raisons, avec des arguments qui, comme la Chevy Nova SS de Cascadeur Mike, tiennent la route...

Bref. Voilà donc le nouveau Tarantino. On va passer rapidement sur l'hérésie que constitue la sortie de "Grindhouse" en deux segments séparés. Pour faire court, pour les rares personnes qui ont passé les dernières semaines enfermées dans une grotte à visionner l'intégrale de "Derrick" en DVD, à l'origine "Grindhouse" était un double-programme, comme ceux projetés dans les drive-in et les salles de quartier aux USA dans les années 60-70. Devaient se succéder "Planet Terror" de Robert Rodriguez et "Deathproof" de Quentin Tarantino, séparés de fausses bandes-annonces et publicités pour des restaurants tex-mex où même la créature du Dr. Frankenstein hésiterait à aller s'alimenter... Mais les Américains ont boudé le film, tant et si bien que les producteurs ont décidé de le sortir dans le reste du monde en deux parties indépendantes.

"Deathproof", "Boulevard de la mort" en français (dire que quelqu'un a été payé pour trouver ce titre, ça me défrise... En même temps, sur une échelle de volume capillaire allant de 0/Telly Savalas à 10/Jim Kelly, j'obtiendrais glorieusement 1 ou 2, alors...), est un mix entre le slasher (film d'horreur dans lequel un tueur psychopathe massacre conscieusement une bande d'adolescents - lesquels sont tellement niais et horripilants qu'on a très rapidement envie de filer un coup de main au tueur) et le film de bagnoles. En gros, et sans dévoiler l'intrigue (de toute façon, d'intrigue il n'y a point), c'est l'histoire d'un tueur psychopathe qui tue avec sa voiture (c'est plus pratique qu'avec une tronçonneuse, surtout au moment de rentrer chez soi, avec la satisfaction du devoir accompli). Mais comment, que viens-je d'écrire, moi défenseur obsessionnel de Tarantino ? Il n'y a pas d'intrigue ? Ben non, pas vraiment... Disons que pendant le temps qu'il a dû falloir pour écrire le scénario, Stendhal aurait péniblement accouché de dix lignes de son roman  "Le Rouge et le Noir" (bon, pour être honnête et en restant dans la même gamme chromatique, Jeanne Mas, elle, aurait pondu le texte de dix de ses chansons...). Le scénario est léger, certes, mais vraiment on se régale, les moteurs des "muscle cars" vrombissent, les répliques cinglantes fusent, les actrices portent shorts et tongs avec une certaine grâce (heu, ça veut dire qu'elles sont bandantes, OK ?), le bourbon et la tequila coulent à flots...

Les références pleuvent, les deux principales étant "Point Limite Zéro" (titre original : "Vanishing Point", un film de 1971 qui raconte le périple d'un ancien du Vietnam qui fait le pari de traverser les USA de Denver à San Francisco en quinze heures. Il a très rapidement une armada de voitures de police aux basques. Un animateur de radio black, Super Soul, lui sert de guide via les ondes, tout en balançant des morceaux de funk bien sentis. Je m'en souviendrai toujours de ce film : Kowalski, le héros, rencontre dans le désert une hippie qui fait de la moto entièrement nue. A l'époque où le film est passé à la TV, ce spectacle était plutôt inédit pour moi... En fait, j'ai eu chaud : j'aurais pu finir hippie !...) et "Larry le Dingue, Mary la Garce" ("Dirty Mary, Lazy Larry", 1973). Quelques scènes procurent un plaisir coupable : honnêtement, ce n'est pas jubilatoire de voir passer une Dodge Challenger à travers l'affiche de cette merde diarrhéique qu'est "Scary Movie" ?
On l'a souvent dit : Tarantino est une éponge. Il absorbe tout ce qui lui plaît dans les films qu'il affectionne et il réutilise cette matière première dans ses propres films. Un exemple ici : sa façon de filmer Cascadeur Mike (Kurt Russel) en train d'engloutir sa pizza, avec gros plans sur ses dents qui mastiquent, le fromage fondu qui dégouline sur ses lèvres, ses doigts qu'il lèche consciencieusement, ça ne vous fait pas penser à du Sergio Leone dans la scène d'ouverture d'"Il était une fois la Révolution" ?

Comme toujours, la bande son est terrible, d'autant plus que l'une des protagonistes du film est DJ et que la première partie du film se passe dans un rade texan dont le juke-box est rempli de 45t Stax et autres pépites soul. On a même droit à un morceau de British beat, c'est dire l'étendue de la culture musicale du réalisateur.

En conclusion, Tarantino, en cinéaste cinéphile qu'il est, s'éclate à reproduire les films qui ont bercé son adolescence, en les transcendant souvent ("Kill Bill", "Pulp Fiction"). Avec "Deathproof", il se contente d'égaler ses modèles, ce qui n'est déjà pas si mal...
Par Hong Kong Fou-Fou
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Lundi 4 février 2008
Par XYZ pour le texte et Elric pour les dessins
 
hommepicardie-copie-1.jpg Eh oui, messieurs Hong Kong Fou-Fou et autres Wally Gator, les nababs de Fury Magazine, il fut un temps où la vie était moins rose. Plutôt même en noir et blanc. Comme disait Chaland "le dessinateur dessine, le maçon maçonne, l'ouvrier oeuvre". Et le batelier batelle. Ah la dure vie des bateliers qui forge le caractère...
Il y a quelques années au cours d'une de ces soirées où nous refaisions le monde avec des amis de fortune, je soutins mordicus que Joseph Durtol, l'homme du Picardie si vous préférez, était une vraie tête de lard. Je fus vertement ramené à la raison par Laurent M. et Christophe L. qui s'écrièrent comme un seul homme "Durtol, c'est pas une tête de lard. C'est un bon bougre bien de chez nous. D'accord, il est un peu cabochard, mais si tu étais passé là où il est passé, tu ferais moins le mariolle". Ah, l'insouciance de la jeunesse...
C'est vrai que le père Durtol, c'est pas les voitures de sport qu'il collectionne, lui. C'est les emmerdes. Son fils et sa fille n'en font qu'à leur tête ? Il ne peut plus payer les traites du bateau ? Son copain Corvec (mais oui, celui du Marie France, l'auteur de cette mémorable réplique : "quand ma fille m'a dit qu'elle t'avait rencontré, j'ai dit :  c'est pas vrai ? Elle a dit si. J'ai dit : ah bon dieu" ) lui fait des tours de cochon ? Eh bien il réagit comme vous et moi. Ni plus, ni moins. Il passe par 5 stades bien distincts. Analysons-les  successivement si vous le voulez bien.
- Stade n° 1 : la négation
"Dans la vie quand on est honnête et qu'on a pas peur du travail, on s'en sort toujours"
- Stade n° 2 : la colère
"Nom d'un chien. Personne n'a jamais commandé un Durtol"
- Stade n° 3 : la peur
"Où cela va-t'il nous mener cette fois-ci ?"
- Stade n°4 : le marchandage
"Hum...et toi, tu crois que tu pourrais faire quelque chose ?"
- Stade n° 5 : la dépression
"J'ai plus qu'à me foutre  à l'eau" (logique quand on est sur un bateau)
- Stade n° 6 : la résignation
"Tu m'as mis le feu, maintenant il faut l'éteindre" Heu... Je crois que je confonds là.  A noter que bon nombre n'y arrivent jamais et restent bloqués au stade 5.
Vous voila aussi armés qu'un armateur. Quand faire revenir votre petite amie ? Simple question de temps. Est-elle du genre à comprendre vite si on lui explique longtemps ? Attendez patiemment les stades 3 et 4. C'est là où se trouve la brèche dans la carapace féminine (ou pas). Opportunisme ? Non : stratégie psychologique !
Le père Durtol, l'homme qui ne valait pas 3 milliards, le Swinging London et le Summer of Love, il est un peu passé à côté. Son myspace, c'est les canaux du nord. De l'écluse de Meaux à l'écluse de Joinville. D'ailleurs, qui s'en plaindrait ? Rappelez-vous quand vous étiez enfant et que personne ne voulait jouer avec vous. C'est avec l'homme du Picardie que vous passiez vos moments de solitude. Depuis, vous savez que voir quelqu'un de plus malheureux que soit, cela met du baume au coeur. Bon, maintenant vous nouez votre serviette autour du cou et vous mangez votre soupe sans attendre et sans dire merci, mais au moins les problèmes  de surélévation de l'ego, c'est pas votre truc. Et pour voir passer des péniches (comme dirait Alambrix, le marchand du Bouclier Arverne s'il avait eu d'autres moeurs), vous n'avez pas besoin d'être imbibé d'alcool. Tout juste un petit blanc de temps en temps. Tourné dans un style... nouvelle vague, pas étonnant qu'en 1968, ce feuilleton à la portée philosophique saine et fondamentale, soit devenu le plus populaire de l'ORTF.
Ici a Fury Magazine, nous n'avons qu'un regret. Que Joseph, Thérèse, Yvette et Julien ne soient jamais passés sur le Canal du Midi à bord du Picardie. Nous aurions pu aller sur la berge les saluer d'un signe de la main et leur lancer : "Chapeau Durtol, merci et bon vent !".
Dans notre prochain numéro: apprenez les bonnes manières avec la Demoiselle d'Avignon.

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Par XYZ
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Lundi 3 mars 2008
Par Wally Gator

Afin de ne jamais vous tromper d’endroit où sortir et d'être toujours dans votre élément, Fury Magazine vous propose un nouveau test !

1) Pour l’apéritif, c’est :
a- Créole-crème !! Une gorgée de Rhum blanc. Ajoutez un peu de citron, un tiers de Vermouth frais et non glacé et une petite dose de grenadine. Agitez longuement (au shaker). Servez dans une coupe et mettez une olive.
b- Deux !!! Vous étiez parfait mais il faut mettre deux olives, vous pourrez ainsi les voir s’entrechoquer mollement l’une contre l’autre !
c- Fernet-Branca pas plus haut que l’bord ou une fillette de blanc sec, ça dépend, bon d’la d’bon d’la !


2) Pour vous rendre à la soirée où vous êtes convié ce soir, vous allez utiliser :
a- Une Aston Martin DBS.
b- Une Dino 246 GT.
c- Un fond-plat de 40 m, nettement plus lent mais tellement plus confortable !
 
3) Vous collectionnez :
a- Les objets d’art, les vins fins, les chevaux de course et les femmes de ménage jeunes et scandinaves.
b- Les actions boursières, les blousons en cuir, les gants de conduites (lunettes assorties) et les conquêtes féminines blondes ou brunes habillées court.
c- Les emmerdes, les tuiles, les boulets, le charbon et toutes ces choses qui font rêver...
 
4) Votre style de musique :
a- La power-électro-pop psychédélique !
b- L’électro-power-pop psychédélique !
c- La bourrée mais attention, celle de Chalivoy-Milon et pas celle du Boudet de Chaumont, c’est trop mou !
 
5) Vous fumez ?
a- Eventuellement, avec un cognac millésimé, un Montecristo n’est pas désagréable...
b- Je n’ai plus fumé depuis des années, mais dans ma jeunesse, quelques Lucky Strike....
c- Maïs, Caporal, et ne me parlez pas de ce foin des amériques que leurs soldats nous ont débarqué comme y nous ont débarqué le phylloxéra !
 
6) Et concernant votre garde-robe "décontractée", vous êtes plutôt :
a- Veste tweed avec kilt, mes ancêtres adoraient !
b- Blouson de cuir et pantalons évasés en velours, ça passe partout.
c- Vareuse et sabots. N’oubliez pas le foin dans les sabots, ça tient chaud.

  testzhol1.jpg

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And, now, Ladies and Gentlemen, the results !!!!

 
Vous avez une majorité de réponses :

a- Vous êtes probablement un "sang-bleu" britannique. Votre nom doit imposer le respect. Vous serez certainement à l’aise au cours des soirées données par l’Ambassadeur (ou par sa femme qui est très jolie, paraît-il). Ce n’est pas que les bas-fonds vous gênent à proprement parler mais c’est plutôt leur vulgarité qui vous irrite.
b- Les bas-fonds, parlons-en ! Vous en sortez assurément ! Mais vous avez pris un ascenseur social version Ariane 5 ou plutôt Apollo 13 ! Vous êtes partout chez vous, même si vous avez vite compris que les soirées données dans les hôtels de luxe sont bien plus agréables que les bals populaires de la salle des fêtes de Dun-sur-Auron...
c- Quoi ? Kek c’est ty ki zont les bals populaires d’Dun ? Alors là, franchement, soit vous avez triché exprès pour ressembler à un héros conducteur de péniche récemment encensé par XYZ, soit vous habitez les Sarolles sur la route de Thioux... En tout cas, vos soirées fétiches seraient plutôt les galas d’Aimable et ses quatre musiciens...

Par Wally Gator
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