Introduction

Le site sur lequel vous venez d'arriver par la grande magie d'Internet n'a aucune prétention particulière. Il ne s'agit surtout pas d'un "blog" où nous allons étaler nos états d'âme, nos peines de coeur et autres sujets qui ne regardent que nous, ni faire de la philosophie de comptoir (les comptoirs, c'est justement fait pour ça, c'est quand même plus convivial). A l'origine, c'était juste un espace sur lequel je souhaitais parler de diverses choses qui m'intéressent, du cinéma à la musique en passant par l'architecture ou les fringues ou à peu près n'importe quoi d'autre. Avec quand même un fil conducteur, ma passion pour les années 60, ou plutôt un certain aspect des années 60 puisque je ne suis pas spécialement fana de Sheila et de ses couettes ou de Sacha Distel et ses scoubidous... Moi mon truc c'est plutôt tout ce qui touche de près ou de loin au mouvement mod, avec évidemment la musique, les fringues, les scooters, mais c'est un peu réducteur. De toute façon, il n'est pas question de vivre avec le regard fixé dans le rétroviseur (même si c'est un Stadium..), il faut savoir prendre le meilleur de chaque époque.
Et puis, les mois passant, je me suis rendu compte que mettre régulièrement à jour ce site, ça prenait du temps, et comme j'ai (heureusement) autre chose à faire, je me suis entouré de collaborateurs fidèles et efficaces. Avec évidemment un risque, celui de ne pas être toujours d'accord avec les thèmes qu'ils abordent. Honnêtement, vous croyez que le rugby de village ou la Gay Pride, ça m'intéresse ? Mais bon, c'est notre règle : pas de règle, justement.
Bref, j'espère que vous apprécierez ce "Fury Magazine"...
HKFF

Rédaction :
Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie.
GouduriXYZ : déviances en tout genre, coneheads et ragots de mairie.
Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage.
Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.

Retrouvez Fury Magazine sur myspace : http://www.myspace.com/furymag
Et n'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles. Ah, GoudurixYZ me demande d'effacer la dernière phrase)
Vous pouvez également nous retrouver sur Facebook, ici : Fury Magazine sur Facebook (Je ne sais pas vraiment à quoi ça sert, mais il faut vivre avec son temps... En plus, ce n'est jamais mis à jour, c'est Wally Gator qui s'en occupe et il roupille...)
Vendredi 29 juin 2007
Par Hong Kong Fou-Fou

Comme ceux d'entre vous qui ont lu l'article "Mais qui est ce mystérieux Hong Kong Fou-Fou" le savent déjà, je suis un scientifique. Et un scientifique, ça aime bien mener des expériences (certaines plus ou moins heureuses, mais c'est un autre débat...). Depuis quelques jours, on entend pas mal parler de la nouvelle émission de télé-réalité de TF1, "Secret Story", et j'ai envie de mesurer l'impact que cette émission peut avoir sur la fréquentation d'un site comme "Fury Magazine". Autrement dit, en mettant en ligne un article avec "Secret Story" dans le titre, est-ce que le nombre quotidien de visiteurs sur le site va augmenter de façon significative ? Je pense sincèrement que oui, étant donné la multitude de sites officiels ou non, de forums, etc..., consacrés à cet affligeant programme. En même temps, je compte faire d'une pierre deux coups en critiquant le plus méchamment possible "Secret Story". Quel plan machiavélique : je récupère des hits tout en satisfaisant mon besoin de déverser ma bile...
Eh oui, jeune boutonneux qui a cliqué sur ce lien en espérant tomber sur un site avec des vidéos de Sandy tripotant Karim dans la piscine tandis que Dylan, Jennifer et Bouba se livrent à une bataille de pelochons top délire : je t'ai n....é !!! Remarque, c'est bon pour ton acnée. Pars vite d'ici, je vais dire des choses horribles sur l'émission qui parvient à te faire arrêter de jouer aux jeux vidéo tous les jours à 18h...
Je ne m'étends pas sur le sujet de l'émission : les producteurs ont repris l'idée du "Loft Story" de M6 il y a quelques années (une bande de jeunes enfermés dans une villa en carton filmés 24h/24 par une kyrielle de caméras) mais en ajoutant un concept révolutionnaire : les candidats ont tous un secret, que les autres doivent deviner. Wachtaaaaaaa ! Où vont-ils chercher tout ça ? Bon, niveau secrets, c'est la misère : pas de risque que l'un des candidats parle dix-sept langues ou ait participé à une mission humanitaire au Tibet. Non, c'est plutôt Machin qui a perdu 50 kg en trois heures, Bidule qui a deux soeurs qui à cent mètres et dans l'obscurité lui ressemblent trop, Truc qui sent des pieds s'il ne vaporise pas un spray dans ses tatanes... Moi, mon secret, c'est que je ne paye pas la redevance TV et je comprends pourquoi...
Sérieusement, comment peut-on s'intéresser à ça ? Voir évoluer des types bodybuildés arborant l'incontournable tatouage tribal (la tribu des N'heu-N'heus ?) sur le biceps et des bimbos dont les deux hémisphères cérébraux sont séparés par un string ficelle, quel intérêt ? Ecouter leurs conversations dont la platitude ferait passer la Belgique pour un pays de montagnes, quel bénéfice ? Chez moi, j'ai un aquarium. Je peux rester 10 minutes à regarder évoluer les poissons, crevettes et autres. Eh bien, croyez-le ou pas, mais je leur trouve l'air plus éveillé que les malheureux cobayes... heu, candidats de "Secret Story".
Tout est malsain dans ces émissions de télé-réalité. Faire voter le public pour éliminer un candidat, lui donner le sentiment qu'il a un pouvoir de vie ou de mort, médiatique évidemment, sur lui, c'est glauque. Transformer en stars des gens dont le seul mérite est de rester vautrés sur un canapé en débitant des inepties, c'est vraiment un excellent modèle pour nos enfants... Pourquoi s'embêter à faire des études quand il suffit d'aller faire le guignol dans la petite lucarne pour accéder à la gloire ?
Une dernière chose me turlupine : quand on farcit une maison de caméras pour mater jour et nuit ses occupants, personne ne trouve rien à redire. Par contre, lorsqu'on parle de mettre des caméras dans la rue, aux feux tricolores, là c'est la levée de boucliers. Jouer les voyeurs, apparemment ça ne pose aucun problème à beaucoup. Mais dès qu'il s'agit d'être la cible de l'objectif, c'est une autre affaire. Personnellement, je trouve cette attitude discutable, même si les candidats sont consentants. Mais, voilà un nouveau concept : filmer non-stop des téléspectateurs en train de regarder "Secret Story". Trop fort ! Allo, M. Castaldi ?...

"Barney, tu veux bien aller chercher la massue s'il te plaît ?"
 
Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Divers
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Mercredi 13 juin 2007
Par Wally Gator

Nous sommes en 1983 à Kingston Upon Hull, une ville de la côte Est britannique. L’Angleterre est dirigée par Margaret Thatcher. Ces opposants sont nombreux. Parmi eux, on peut trouver le jeune Paul Heaton. Après avoir essayé bien des métiers sans aucune conviction, il est désormais bien décidé à se consacrer à temps plein – riche idée – à la seule occupation qui l’intéresse vraiment : la musique. Il recrute trois compagnons : les Housemartins voient le jour. Ce drôle nom est une idée de Heaton inspirée par son auteur favori, Peter Tinniswood, qui utilise souvent des métaphores à base d’oiseaux (Housemartins désignant une variété d’hirondelle).

 

Lorsque j’entends pour la première fois un morceau des Housemartins (l’incontournable "Happy Hour"), au début de l’année 1988, c’est un double choc. Non seulement je découvre une sonorité unique mais j’apprends dans la foulée que le groupe n’existe plus : ils se sont séparés quelques mois auparavant (novembre 1987). Je me renseigne un peu plus et rapidement je m’aperçois que le groupe n’a fait que trois albums. Quelle aubaine pour ma bourse de lycéen : une intégrale à pas cher !!! « London 0 – Hull 4 », « The people who grinned themselves to death » et le double « Now that’s what I call quite good » trouvent une place de choix dans ma chambre et rejoignent très rapidement la catégorie des disques dont on ne se lasse pas et qui tournent en boucle. Je me réveille avec, je vis avec, je m’endors avec et j’en rêve la nuit. Des mélodies fraîches couplées à la voix époustouflante de Heaton : le cocktail est terriblement efficace. Les messages franchement engagés me passent très largement au dessus de la tête. Et pourtant, ils figurent en bonne place sur les pochettes. Comment rater le « Don’t try gate crashing a party full of bankers. Burn the house down ! » ou bien encore « Take Jesus, Take Marx, Take hope » ? Mais tout ceci est bien le cadet de mes soucis : leur musique est bonne et cela me suffit largement. Tous les morceaux sont bons, tant et si bien qu’il m’est absolument impossible de me livrer au jeu du « mon morceau préféré ». Du superbe a capella « Caravan of Love » au sublime « Me and the farmer » en passant par l’extraordinaire « The World on fire », Heaton et sa clique ont réussi en trois albums à créer un style bien particulier : the ‘Martins sound. Et ce style marche ! Pourtant, en cette fin de décennie, la concurrence est rude sur le marché de la brit’pop : The Smiths, Lloyd Cole and the Commotions pour ne citer qu’eux… Enfin, bref, trois albums, cela reste trop peu et la satisfaction d’avoir pu acquérir en peu de temps l’intégralité de leur œuvre est très vite remplacée par la frustration de n’avoir plus rien à attendre d’eux. Mais ce que je ne savais pas encore, c’est que l’ami Heaton me préparait une belle surprise. Quelques mois plus tard, « Song for whoever » des Beautiful South me trottait dans la tête… Norman Cook, l'éternel dissident, embrassait quant à lui la musique électronique pour devenir Fat Boy Slim...

 

« London 0 – Hull 4 », Go ! Disc, 1986

The Housemartins are : P.d. Heaton, Hugh Whitaker, Stan Cullimore, Norman Cook

 

« The people who grinned themselves to death », Go ! Disc, 1987

The Housemartins are : P.d. Heaton, Dave Hemingway, Stan Cullimore, Norman Cook

 

« Now that’s what I call quite good », Go ! Disc, 1988

The Housemartins are : P.d. Heaton, Norman Cook, Stan Cullimore, Dave Hemingway, Ted Key, Hugh Whitaker

Par Wally Gator - Publié dans : Musique
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Vendredi 8 juin 2007
Par Hong Kong Fou-Fou

Disons-le sans ambages, ne tournons pas autour des quatre chemins : Tarantino est un génie ! Et tant pis pour ses détracteurs, ils se fatigueront avant lui. Il est amusant d'ailleurs de constater que des détracteurs, il en a un peu partout. Aussi bien du côté des intellos à lunettes cerclées qui défendent avec un pincement de nez outré le cinéma d'art et essai (essayer quoi ? De ne pas s'endormir ???) que du côté des adeptes des multiplexes/usines à divertissement où ils vont voir le dernier blockbuster de la saison en se gavant de pop-corn, une casquette de baseball solidement vissée sur un crâne qui sonne creux (pour le coup, moi, j'espère m'endormir !...). Les premiers reprochent à Tarantino le mauvais goût et la prétendue violence gratuite, les seconds jugent ses films un peu ringards à l'ère du tout numérique. Mais ce n'est pas grave, ses films s'adressent aux amoureux d'un certain cinéma aujourd'hui disparu, dédaigneusement baptisé "cinéma bis" par les chantres du "vrai" cinéma, à ceux qui vibrent d'excitation lorsque Blondin, Tuco et Sentenza s'affrontent longuement du regard avant de faire aboyer leurs colts, à ceux qui blêmissent de rage lorsque l'astronaute Taylor stoppe son cheval devant une statue de la Liberté ensablée, à ceux qui frémissent de désir lorsque surgit la sauvage Loana, vêtue d'un bikini en fourrure (naaaan tas de moules, pas la blondasse décérébrée de M6...) . Et si tout ça ne vous dit rien, passez votre chemin, il y a de la place pour tout le monde, il y a sûrement un nouveau Michael Youn ou un Jean-Luc Godard à aller voir. Notez bien, on a le droit de ne pas aimer, on a le droit de critiquer, mais il faut le faire pour de bonnes raisons, avec des arguments qui, comme la Chevy Nova SS de Cascadeur Mike, tiennent la route...

Bref. Voilà donc le nouveau Tarantino. On va passer rapidement sur l'hérésie que constitue la sortie de "Grindhouse" en deux segments séparés. Pour faire court, pour les rares personnes qui ont passé les dernières semaines enfermées dans une grotte à visionner l'intégrale de "Derrick" en DVD, à l'origine "Grindhouse" était un double-programme, comme ceux projetés dans les drive-in et les salles de quartier aux USA dans les années 60-70. Devaient se succéder "Planet Terror" de Robert Rodriguez et "Deathproof" de Quentin Tarantino, séparés de fausses bandes-annonces et publicités pour des restaurants tex-mex où même la créature du Dr. Frankenstein hésiterait à aller s'alimenter... Mais les Américains ont boudé le film, tant et si bien que les producteurs ont décidé de le sortir dans le reste du monde en deux parties indépendantes.

"Deathproof", "Boulevard de la mort" en français (dire que quelqu'un a été payé pour trouver ce titre, ça me défrise... En même temps, sur une échelle de volume capillaire allant de 0/Telly Savalas à 10/Jim Kelly, j'obtiendrais glorieusement 1 ou 2, alors...), est un mix entre le slasher (film d'horreur dans lequel un tueur psychopathe massacre conscieusement une bande d'adolescents - lesquels sont tellement niais et horripilants qu'on a très rapidement envie de filer un coup de main au tueur) et le film de bagnoles. En gros, et sans dévoiler l'intrigue (de toute façon, d'intrigue il n'y a point), c'est l'histoire d'un tueur psychopathe qui tue avec sa voiture (c'est plus pratique qu'avec une tronçonneuse, surtout au moment de rentrer chez soi, avec la satisfaction du devoir accompli). Mais comment, que viens-je d'écrire, moi défenseur obsessionnel de Tarantino ? Il n'y a pas d'intrigue ? Ben non, pas vraiment... Disons que pendant le temps qu'il a dû falloir pour écrire le scénario, Stendhal aurait péniblement accouché de dix lignes de son roman  "Le Rouge et le Noir" (bon, pour être honnête et en restant dans la même gamme chromatique, Jeanne Mas, elle, aurait pondu le texte de dix de ses chansons...). Le scénario est léger, certes, mais vraiment on se régale, les moteurs des "muscle cars" vrombissent, les répliques cinglantes fusent, les actrices portent shorts et tongs avec une certaine grâce (heu, ça veut dire qu'elles sont bandantes, OK ?), le bourbon et la tequila coulent à flots...

Les références pleuvent, les deux principales étant "Point Limite Zéro" (titre original : "Vanishing Point", un film de 1971 qui raconte le périple d'un ancien du Vietnam qui fait le pari de traverser les USA de Denver à San Francisco en quinze heures. Il a très rapidement une armada de voitures de police aux basques. Un animateur de radio black, Super Soul, lui sert de guide via les ondes, tout en balançant des morceaux de funk bien sentis. Je m'en souviendrai toujours de ce film : Kowalski, le héros, rencontre dans le désert une hippie qui fait de la moto entièrement nue. A l'époque où le film est passé à la TV, ce spectacle était plutôt inédit pour moi... En fait, j'ai eu chaud : j'aurais pu finir hippie !...) et "Larry le Dingue, Mary la Garce" ("Dirty Mary, Lazy Larry", 1973). Quelques scènes procurent un plaisir coupable : honnêtement, ce n'est pas jubilatoire de voir passer une Dodge Challenger à travers l'affiche de cette merde diarrhéique qu'est "Scary Movie" ?
On l'a souvent dit : Tarantino est une éponge. Il absorbe tout ce qui lui plaît dans les films qu'il affectionne et il réutilise cette matière première dans ses propres films. Un exemple ici : sa façon de filmer Cascadeur Mike (Kurt Russel) en train d'engloutir sa pizza, avec gros plans sur ses dents qui mastiquent, le fromage fondu qui dégouline sur ses lèvres, ses doigts qu'il lèche consciencieusement, ça ne vous fait pas penser à du Sergio Leone dans la scène d'ouverture d'"Il était une fois la Révolution" ?

Comme toujours, la bande son est terrible, d'autant plus que l'une des protagonistes du film est DJ et que la première partie du film se passe dans un rade texan dont le juke-box est rempli de 45t Stax et autres pépites soul. On a même droit à un morceau de British beat, c'est dire l'étendue de la culture musicale du réalisateur.

En conclusion, Tarantino, en cinéaste cinéphile qu'il est, s'éclate à reproduire les films qui ont bercé son adolescence, en les transcendant souvent ("Kill Bill", "Pulp Fiction"). Avec "Deathproof", il se contente d'égaler ses modèles, ce qui n'est déjà pas si mal...
Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Cinéma et TV
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Vendredi 8 juin 2007

Par Wally Gator

« Or, donc, nous en étions restés au moment où vous faisiez face à la mort sous la forme de quatre kobolds armés d’épée courtes sur lesquelles même le virus du tétanos n’oserait pas s’aventurer. Les quatre immondes et visqueuses créatures ont l’air très mécontentes et examinent de façon insistante, tout en ricanant, votre chariot chargé…. Je vous rappelle que ce chariot contient des vivres qui vous ont été confiées dans le but de ravitailler un village pris en siège par les immondes susnommées... Que faites-vous ?

Par Wally Gator

(Tâchez de lire les sept réponses qui suivent en même temps ; je sais que c’est assez ardu mais c’est simplement pour mieux se rendre compte de la situation)

- Je me cache dans l’ombre et enduit ma dague de venin d’araignée…

- Je dégaine mon épée longue et ma main-gauche !

- Je prépare une série de « magic missiles »

- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’il a dit ?

- Je jette « bénédiction » sur le guerrier !

- Je sors ma hache à deux lames et je me jette sur eux !

- Attends !!!!!.....

-STOOOOPPPPP !!!! Tour de table....»

 

Ceux qui n’ont eu aucun mal à reconnaître la situation décrite dans ces quelques lignes ont dû passer quelques nuits blanches avec quelques amis autour d’une table sur laquelle se trouvait feuilles de papier remplis de tableaux et de grilles, crayons, gommes, figurines en plomb, cafetière(s), cendriers pleins, quelques bouquins, un écran et... des dés !!!! Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, je pense qu’ils sont (pour l’instant, car il n’est jamais trop tard) passés à coté d’aventures épiques... Il s’agit bien évidemment d’une partie de Donjons et Dragons, le célèbre jeu de rôles.

 

Donjons et Dragons, né dans l’esprit de Gary Gygax dans les années soixante-dix pour une première édition en 1974, est plus qu’un simple jeu. Sans rentrer dans la polémique de la schizophrénie qu’il aurait pu déclencher chez certains, pour peu que vous soyez accompagnés d’une bonne bande de copains ce jeu vous permet d’incarner des héros évoluant dans un univers médiéval fantastique et de vous y sentir aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. Votre personnage prend vie à l’aide de quelques jets de dés et au fur et à mesure des aventures son caractère s’affirme, ainsi que celui des personnages vos partenaires. Les règles sont simples : tout est possible, vous pouvez faire absolument tout ce que vous voulez... Enfin, le terme exact est plutôt vous pouvez « essayer » de faire... Car la réussite n’est pas toujours au rendez-vous ! Des jets de dés associés à quelques bonus/malus sont là pour vous ramener à la « réalité » de la dure vie d’aventurier ! En effet, il est loin d’être aisé, pour un guerrier débutant de loger la lame de sa hache entre les deux yeux d’un dragon rouge de 32 mètres de haut ivre de sang et farci de magie dans le but de le terrasser en deux temps et trois mouvements...

Ahhh...La la... Combien de parties se sont jouées sur un seul coup de d20 ????

 

« La situation est simple. Tes camarades sont tous hors de combat. Le vampire est face à toi prêt à bondir en direction de ta gorge. Il ne te reste que 4 points de vie, inutile de préciser que tu es vraiment flappi. Sa classe d’armure est de 3. Tu es prêtre, ton TACO est de 18. Donc, sur un jet de 15 ou plus, tu réussis ton attaque avec ton marteau spécialement enchanté pour l’occasion et le vampire sera détruit. Dans le cas contraire.... » En clair, vous avez 6 chances sur 20 de réussir votre coup. L’angoisse est palpable autour de la table : les personnes qui sont autour de vous sont pour l’instant vos amis mais vous avez le destin de leur personnage chéri entre les mains : le nain hargneux, le demi-elfe à moitié bageot et l’exécrable magicien en pantalon de cuir, vous les avez tous à votre botte. Si par malheur, cela foire... Que va-t-il se passer ? Ils sont angoissés mais vous aussi. Il faut dire que jusqu’ici, vous n’avez réussi qu’ à écraser des mouches ou retirer les toiles d’araignée de la crypte ( comprendre : vous n’avez jamais réussi à faire au moins 15 avec votre d20). Pourtant, vous ne faites pas parti de ces joueurs poisseux abonnés au « fumble » (résultat de 1 signifiant un échec critique). Et c’est pour cela que votre prêtre a été choisi pour recevoir l’enchantement sur son arme. Vous ne faites pas parti non plus des collectionneurs (plus ou moins honnêtes)de « full », le 20 naturel. Alors, oui, vos mains sont moites et votre souffle court... Vous lancez le dé... Il roule... Titube sur le « 3 » mais s’immobile sur le « 16 ».

Vous hurlez ! Le vampire explose !!! Les compagnons sont sauvés, le trésor pillé, le café renversé !!! Quelle bonne soirée ! On en parlera encore dans 20 ans... autour d’une table de jeu ou autour d’un café en terrasse car les amitiés forgées en de telles situations durent et sont bien réelles : les dés ne diront jamais le contraire !


Par Wally Gator - Publié dans : Divers
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